Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 19:08

 C’est avec une semaine de retard sur la date initialement prévue que le président de la République a fini par délivrer ses nouvelles potions « magiques » en vue de doper le pouvoir d’achat des français. Au titre strict des nouveautés enfantées dans la douleur nous retiendrons la possibilité pour les salariés de « monétiser » leurs jours de RTT ainsi que l’indexation des loyers sur l’inflation.

Nul ne s’y trompera, la première mesure, qui s’inscrit dans le leitmotiv sarkozyste de base du « travailler plus pour gagner plus »,  vise clairement à  détricoter les 35 heures sous couvert de regarnir le porte-monnaie de la ménagère. En plus, elle ne coûte rien à l’Etat puisque que l’Elysée renvoie la balle dans le camp des entreprises. Du reste, l‘aveu du chef de l’Etat est sans appel, M. Sarkozy ayant reconnu une « absence d’argent dans les caisses ». Nicolas Sarkozy a également martelé qu’il entend remettre « sur la table la question du travail du dimanche » sur la base du volontariat. Rappelons pour la forme que six millions de français, plus ou moins volontaires, travaillent déjà le jour du seigneur.

Mais le rachat des RTT, pour aussi « nouvelle » que la disposition puisse apparaître, va être délicat à appliquer. Tout d’abord la mesure devra être assujettie à un accord majoritaire dans l’entreprise et il est peu  probable que les syndicats l’accueillent sans méfiance, et douteux que les employeurs abandonnent la flexibilité gratuite que les RTT leur apportent dans l’organisation annuelle du temps de travail. Sans compter que, contrairement à ce qu’affirme notre hypersincère président, nombre de salariés sont attachés à leur jours de RTT et ont désormais organisé leur vie quotidienne en conséquence.

La seconde novation est, une fois n’est pas coutume,  de nature à enrayer (très partiellement)  l’érosion galopante du pouvoir d’achat des français. L’indexation des loyers sur l’indice du coût de la construction est, en effet, une fois et demi supérieure à celle de l’inflation. Entre 1998 et 2006, les loyers ont augmenté de 37,7% contre une inflation de 15,6%.

 

                                       BRINGUE A TOUT CASSER

 

 Certes, les propriétaires vont se rattraper en durcissant leurs exigences en matière de garantie, ce qui risque de retomber sur les épaules des candidats les plus pauvres à la location même s’il est désormais envisagé qu’un mois de cautionnement au lieu des deux jusqu’ici demandés.

Pour le solde, les mesures annoncées sentent le réchauffé, ou sont un renforcement du climat de duperie ambiant.

L’arme suprême de la défiscalisation des heures supplémentaires mérite, ici, d’être un tant soit peu éclairée. Selon les chiffres du ministère du Travail seul 37% des salariés ont recours aux « heures sup » soit 8,2 millions d’actifs sur….25 millions. En 2007, ils devraient, de même source, se partager 800 millions d’euros et plus de 4,5 milliards en année pleine. Soit : 550 euros en moyenne par an et par tête de pipe. De quoi, donc,  faire une bringue à tout casser…

Mais bon, il faut ajouter que pour faire des heures supplémentaires encore faut-il qu’il y ait du travail, et ce n’est pas avec nos fracassantes perspectives de croissance que nous allons pavoiser. Sans parler du fait que les heures supplémentaires, comme chacun le sait, est un formidable coup de pouce aux nouvelles embauches.

Ensuite vient le déblocage anticipé des fonds de participation des salariés. Lors de la dernière tournée, en 2004, les deux tiers des sept milliards débloqués avaient été replacés à vive allure, dans des produits d’épargne afin de remplumer les bas de laine français en cure d’amaigrissement depuis le passage à l’euro en 2002. Et le coup de fouet à la consommation escompté n’avait réveillé personne.

Retour à la case départ. Sans retour à une croissance solide les problèmes qui secouent notre pays, chômage, pouvoir d’achat, sécurité, banlieue,  ne pourront être solutionné. Mais, n’en déplaise à notre superprésident, celle-ci ne se décrète pas. En revanche, cette croissance peut, par exemple, se constater dans les bénéfices des entreprises du CAC 40,à l’instar de Total. Mais une contribution de leur part à l’effort national n’est, bizarrement,  pas une nouveauté qu’on ose songe à proposer.

                                                                               

                                                                                             Achille

 

 

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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 18:52
C’est avec une semaine de retard sur la date initialement prévue que le président de la République a fini par délivrer ses nouvelles potions « magiques » en vue de doper le pouvoir d’achat des français. Au titre strict des nouveautés enfantées dans la douleur nous retiendrons la possibilité pour les salariés de « monétiser » leurs jours de RTT ainsi que l’indexation des loyers sur l’inflation.

     Nul ne s’y trompera, la première mesure, qui s’inscrit dans le leitmotiv sarkozyste de base du « travailler plus pour gagner plus »,  vise clairement à  détricoter les 35 heures sous couvert de regarnir le porte-monnaie de la ménagère. En plus, elle ne coûte rien à l’Etat puisque que l’Elysée renvoie la balle dans le camp des entreprises. Du reste, l‘aveu du chef de l’Etat est sans appel, M. Sarkozy ayant reconnu une « absence d’argent dans les caisses ». Nicolas Sarkozy a également martelé qu’il entend remettre « sur la table la question du travail du dimanche » sur la base du volontariat. Rappelons pour la forme que six millions de français, plus ou moins volontaires, travaillent déjà le jour du seigneur.

    Mais le rachat des RTT, pour aussi « nouvelle » que la disposition puisse apparaître, va être délicat à appliquer. Tout d’abord la mesure devra être assujettie à un accord majoritaire dans l’entreprise et il est peu  probable que les syndicats l’accueillent sans méfiance, et douteux que les employeurs abandonnent la flexibilité gratuite que les RTT leur apportent dans l’organisation annuelle du temps de travail. Sans compter que, contrairement à ce qu’affirme notre hypersincère président, nombre de salariés sont attachés à leur jours de RTT et ont désormais organisé leur vie quotidienne en conséquence.

    La seconde novation est, une fois n’est pas coutume,  de nature à enrayer (très partiellement)  l’érosion galopante du pouvoir d’achat des français. L’indexation des loyers sur l’indice du coût de la construction est, en effet, une fois et demi supérieure à celle de l’inflation. Entre 1998 et 2006, les loyers ont augmenté de 37,7% contre une inflation de 15,6%.

 

                                       BRINGUE A TOUT CASSER

 

 Certes, les propriétaires vont se rattraper en durcissant leurs exigences en matière de garanties, ce qui risque de retomber sur les épaules des candidats les plus pauvres à la location même s’il est désormais envisagé qu’un mois de cautionnement au lieu des deux jusqu’ici demandés.

Pour le solde, les mesures annoncées sentent le réchauffé, ou sont un renforcement du climat de duperie ambiant.

L’arme suprême de la défiscalisation des heures supplémentaires mérite, ici, d’être un tant soit peu éclairée. Selon les chiffres du ministère du Travail seul 37% des salariés ont recours aux « heures sup » soit 8,2 millions d’actifs sur….25 millions. En 2007, ils devraient, de même source, se partager 800 millions d’euros et plus de 4,5 milliards en année pleine. Soit : 550 euros en moyenne par an et par tête de pipe. De quoi, donc,  faire une bringue à tout casser…
    Mais bon, il faut ajouter que pour faire des heures supplémentaires encore faut-il qu’il y ait du travail, et ce n’est pas avec nos fracassantes perspectives de croissance que nous allons pavoiser. Sans parler du fait que les heures supplémentaires, comme chacun le sait, est un formidable coup de pouce aux nouvelles embauches.

    Ensuite vient le déblocage anticipé des fonds de participation des salariés. Lors de la dernière tournée, en 2004, les deux tiers des sept milliards débloqués avaient été replacés à vive allure, dans des produits d’épargne afin de remplumer les bas de laine français en cure d’amaigrissement depuis le passage à l’euro en 2002. Et le coup de fouet à la consommation escompté n’avait réveillé personne. N'est pas magicien qui veut..

    Retour à la case départ. Sans retour à une croissance solide les problèmes qui secouent notre pays, chômage, pouvoir d’achat, sécurité, banlieue,  ne pourront être solutionné. Mais, n’en déplaise à notre superprésident, celle-ci ne se décrète pas. En revanche, cette croissance peut, par exemple, se constater dans les bénéfices des entreprises du CAC 40,à l’instar de Total. Mais une contribution de leur part à l’effort national n’est, bizarrement,  pas une nouveauté que l'on onge à proposer.

                                                                               

                                                                                             Achille

 

 

Par Achille - Publié dans : Politique - Communauté : Communauté de l'opposition
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Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 16:34
M.Nicolas Sarkozy sera-t-il le premier président à faire descendre les français  dans la rue pour cause d’inquiétude face à la paupérisation qui gagne du terrain jour après jour ?

Toujours est-il que selon un sondage paru ce vendredi dans Le Parisien, le pouvoir d’achat s’affiche en tête des préoccupations de la population, devant le chômage ou l’avenir des retraites. Une nouveauté statistique.

    Eloquent :  71% des français, selon le même sondage, ne font pas confiance au gouvernement pour fournir des réponses à l’amaigrissement terrifiant de leur porte-monnaie et jugent inefficaces les mesures sarkoziennes de relance. Visiblement le paquet fiscal, les exonérations de charges, les vraies-fausses heures supplémentaires (toutes deux clé de voûte du slogan désormais aussi célèbre que discutable « travailler plus pour gagner plus ») peinent non seulement à convaincre et réunir, mais sonnent le glas de l’état de grâce dont semblait jouir notre hyper-président.

    Le panier de la ménagère est de plus en plus léger tandis que les hausses se succèdent quotidiennement à un rythme endiablé : pain, lait, fruits et légumes (dont nous devons pourtant faire grande consommation afin de nous maintenir en bonne santé et éviter de grever plus avant nos pauvres budgets domestiques du fait de la très « équitable » franchise médicale) et énergie (carburants, gaz, électricité). Et on frémit à écouter les experts qui prédisent en tremblant que nous n’avons encore rien vu  et annoncent une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité pour le premier semestre 2008…

    Du coup, notre président à tout faire se déploie sur les fronts de la grogne hexagonale et doit - entre le Tchad et les Etats-Unis - aller calmer lui-même l’ire des marins-pêcheurs bretons devant la montée des prix du fuel.

 

                                                     Commediante, commediante

 

    Manque de pot, à peine les promesses formulées à l’adresse de nos loups de mer, que celles-ci se voient retoquées par Bruxelles au motif qu’elles introduisent des distorsions de concurrence. C’était peut-être à prévoir, non ? De même que la validité des facilités promises entre deux tours d’élections présidentielles sur les crédits d’emprunt immobiliers  face au Conseil Constitutionnel….Commediante, Commediante !!!

    Au total, tout cela commence à ne pas faire pas très sérieux pour quelqu’un qui a basé son image « marketing » sur une omni-compétence.

    D’autant que sur le plan de réformes, il n’y a pas de quoi pavoiser. Le moins que l’on puisse dire est que la réforme de la carte judiciaire que notre sympathique garde des Sceaux (voir detoxinfo du 6 novembre2007) tente de faire passer coûte que coûte, défiant à la fois les lois de la raison,de l’économie et  celles…. du clientélisme électoral, a du mal à trouver ses marques. Voire le moindre soutien.

   Dernier en date à lâcher la locataire de la Chancellerie : le vice-président de l’UMP, Pierre Méhaignerie. Ce dernier invite dare-dare Rachida Dati à réaliser « une étude d’impact et de propective » sur sa réforme qui « pose des problèmes ». C’est sûr, surtout lorsque l’on voit la bobine des  parlementaires de la majorité face aux prévisibles retombées de la-dite réforme à quelques mois des municipales….

  Si on ajoute à ce détonnant mélange la franche adhésion que suscite la réforme Pécresse des universités et la folle semaine que concocte les syndicats contre la refonte des régimes spéciaux de retraites, notre hyper-président devrait peut-être songer à déléguer et laisser sortir son premier ministre de Matignon. Non seulement pour qu’il puisse prendre l’air et faire rire jaune, lui aussi, mais aussi pour qu’il puisse commencer à prendre les coups à sa place.

                                                                                            Achille

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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 17:02

 La phrase est sans appel : « on se serait cru au Pakistan ». Elle émane de Maître Odile Bertrand, porte-parole du barreau de Belfort. Ce territoire n'est pourtant pas à portée de matraque de l’Etat (d’urgence)  dirigé avec poigne par Pervez Musharraf. Ce qui n’empêche pas notre sémillante garde des Sceaux de tenter d’imiter les méthodes convaincantes et musclées du général.

      Pour cette manifestation de dangereux avocats contre la désormais très contre-versée réforme de la carte judiciaire, les pouvoirs publics ont mis les petits plats dans les grands pour la venue de Rachida Dati à Colmar. A vue de nez « quatre CRS pour un avocat », relate Maître Bertrand. Et des dommages collatéraux : une avocate à terre, matraquée à la tête (c’est plus sûr…), traînée sur quelques mètres et gazée au motif que l’impudente a voulu franchir un barrage de police pour procéder à un lâcher de ballons, revendicatif il est vrai, au nez de son ministre de tutelle. Quelle idée aussi d’aller râler contre la fermeture des tribunaux au profit du retour à une justice itinérante comme…au moyen-âge!

      De son côté, il faut dire que notre ministre de la Justice est une nature ! Toute en nuances et onctuosité. Comme ceux qui l’ont approchée (ou tenté de le faire…) ont pu le constater. En juillet déjà, la souriante gardienne des Sceaux avait commencé à faire parler d’elle et signé son personnage en évinçant vite fait bien fait son directeur de cabinet, Michel Dobkine, suivi de près par trois conseillers, pour incompatibilité de (mauvaise) humeur.
                                                   "Chef des procureurs" 
       Qui s’y frotte s’y pique à la Ros(s)e de fer! ou risque fort de se retrouver avec des points de sutures et/ou aux Assedics….
         
En tout état de cause,  la magistrature debout se voit depuis fermement priée de marcher au pas. Voire de se coucher. Et ce que de mauvais esprits pourraient interpréter pour de l’intimidation, apparaît jour après jour comme la marque de fabrique « Dati ».

     La « Rosse de fer » du ministère de la justice, contre l’avis du Conseil National de la Magistrature (CSN), des syndicats de magistrats et du principal intéressé, a confirmé, fin octobre,  la mutation  de force du procureur général d’Agen, Bernard Blais, à la Cour de Cassation. Au motif louable  de « féminiser » la profession.  Mais, baste, charbonnier, dit-on, est maître chez lui . Même s’il prend le risque de se faire cruellement désavouer à la suite d’un recours devant le conseil d’Etat…

    Mais il y a plus préoccupant. D’aucun se souvient  que fin août, le vice-procureur de Nancy, Philippe Nativel, s’est vu convoqué en quatrième vitesse à la chancellerie pour avoir eu la maladresse de rappeler en audience publique que «les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir ». Ce que tout un chacun croyait pourtant constitutionnellement et définitivement acquis car « à l’audience la plume est serve mais la parole est libre ». Ainsi que le sait tout bon étudiant en droit ou, au moins, tout « bon » garde des Sceaux. Même si celle-ci se déclare (en absence de texte) : « chef des procureurs ». Qualité qu’elle rêve d’inscrire sur son CV, au côté de la mention MBA d’HEC. Mais ne soyons pas méchants, attendons simplement la suite.

                                                                                                       Achille

 

 

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Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 00:59

Le « président du people » et sa base électorale ont un nouveau point commun incontestable : chacun à sa manière sort d’un rêve qu’il aurait, sans trop y croire vraiment, souhaité sans fin.

    M. Nicolas Sarkozy voit son sourire d’enfant, si bien dessiné alors qu’il complimentait pour sa plastique, il y a peu de temps encore, une épouse gênée mais éclairée par les ors de la République, se flétrir  inexorablement à l ‘épreuve d’un pouvoir dont il a choisi de porter seul le fardeau. Envers et contre tous (à l’exception sans doute des « petits marquis » de l’Elysée , selon le mot de François Fillon).  Ce dernier n’a, certes,  jamais été trop enclin à se laisser aller à l’émotion présidentielle. Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de sa gêne (déjà) lors du grand concert qui avait réuni des gloires incontournables, à l’instar de Gilbert Montagné ou Rika Zaraï, autour d’un Nicolas Sarkozy fraîchement élu au terme d’une campagne aux accents de Star Ac. N’est pas « people » qui veut…

    Bien sûr, les mouvements sociaux contre la réforme des régimes spéciaux n’ont été une surprise pour personne. Et ne sont pas de nature, pour l’heure,  à franchir brutalement les portes du Palais. Mais des évidences assenées, précisément, par ce peuple de « privilégiés » relativisent un peu l’assurance de ceux qui ont choisi, entre autres, de dresser les français les uns contre les autres pour masquer une certaine vacuité de gestion.

 

                                                           Superbe

 

S’exprimant sur France2 , un contrôleur de la SNCF, a mis à mal la superbe affectée par le Ministre du Travail, M. Xavier Bertrand. Que répondre en effet à quelqu’un à qui il est prélevé 16% de cotisations sociales supplémentaires par rapport à un salarié relevant du régime général, qui passe la quasi-totalité des fêtes de fin d’année en dehors de son foyer, sans parler des week-end, des horaires de nuit,  et on en passe et des meilleures, pour un salaire de moins de 1.900 euros brut par mois pour près de vingt années d’ancienneté ?. Et qui, malgré ses conditions initiales d’embauche va se voir irrémédiablement amputé au final annuellement de deux mois de pensions de retraite. ...

      Et bien, un ministre du « people » lui répond,  tout sourire, faute de mieux, qu’il doit être…solidaire. Tout comme, certainement, l’ex-président de Carrefour, Daniel Bernard qui s’est, lui, organisé tranquillement une retraite de près de 40 millions d’euros à grand coup, notamment,  de stocks options. De plus, ce dernier bénéficiera pleinement du bouclier fiscal, la seule réelle mesure adoptée jusqu’à présent par le Parlement , faisant suite aux promesses électorales de M. Sarkozy.

      Car près de six mois après l’installation à l’Elysée du plus sportif président que la France n’est jamais compté, que s’est-il réellement passé qui soit de nature à apaiser la soif des français de voir leur vie réformée ? Objectif pour lequel au moins 53% d’entre eux ont donné  un « mandat clair » à leur marathonien préféré.

Tout d’abord le terme « je veux » s’est placé au premier rang des expressions présidentielles. Au détriment d’engagements « clairs » justement, et vérifiables assurément .  

       Ainsi, M. Sarkozy « veut » pêle-mêle : 3% de croissance, réduire le chômage, augmenter le pouvoir d’achat,  guérir les écrouelles,  trouver des solutions équitables pour équilibrer retraites et Sécurité Sociale, faire que tout ses administrés soient jeunes beaux, riches et célèbres, limiter l’émigration clandestine, entériner le traité de Constitution européenne, ou bien encore redresser notre système de soins, réduire la dangerosité des chiens d’attaques (enfin !) ou bien encore apaiser les banlieues.

 

                                               Emotions populaires

 

     Pour cela, et tellement d’autres choses, M. Sarkozy fait pression, peu ou prou, sur « ses » ministres en les débordant une fois par la gauche, une fois par la droite, peu importe, afin que ceux-ci pondent des lois et calment  ainsi les émotions populaires.

    Sans que personne par la suite, les foules étant aussi capricieuses qu’oublieuses, ne s’assure de la parution des décrets d’application pourtant nécessaires aux pauvres soutiers chargés de  faire appliquer les-dites lois. Cet homme fait croire qu’il gouverne seul sur tout et pour tous, en fait il communique  comme aucun des locataires de l’Elysée ne l’avait jamais fait.

     Las, les maladresses se succèdent à un rythme désormais endiablé et, c’est à craindre, irréversible : recours à l’ADN, franchise sur les médicaments, remontrances  (à la limite de l’anti-constitutionnalité) envers la justice, retour sur le « non » français à la Constitution européenne, dissensions gênante entre l’Elysée et Matignon, mises à l’index de députés de la majorité ou de ministres récalcitrants, aménagement des conditions financière du « Nouveau centre » et tant d’autres.

      Et tout cela commence à se voir, d’autant plus que ces petits faux pas s’esquissent au son d’une bien triste chanson : celle de l’augmentation cruelle des prix alimentaires dit de première nécessité que sont les céréales ou le lait, de l’énergie…des médicaments. On n’ose imaginer l’effet qu’aurait pu avoir l’instauration d’une TVA « sociale » telle que voulait l’imposer « le président du people » avant de remiser un projet qui lui a fait perdre 50 sièges de députés entre les deux tours des législatives. Et avant d’aller prendre un repos bien mérité par une campagne éreintante sur le yacht du magnat Vincent Bolloré.

   L’ envers du décor se fait ainsi de plus en plus visible et  masque de moins en moins le côté purement  médiatique et « marketing » de la sainte alliance des compétences politiques ayant présidé à la mise en place d’un gouvernement « novateur » réunissant sensément les bonnes volontés réformatrices quelque soit leur bord.

     La vraie grande nouveauté peut sans doute se résumer à la perte en rase campagne du Parti socialiste et des forces d’opposition, à l’extinction des voix du Front National pour cause d’occupation de terrain idéologique mais de façon tellement plus élégante, à la marginalisation du Centre Bayroutiste (et ce malgré un score historique du centriste à la présidentielle).

     Et si l’on ajoute à ce savant cocktail, la tentative de mise au pas du système judiciaire (et des syndicats qui n’auront bientôt du coup  plus assez de prud’hommes pour faire juger les libertés que prend le patronat avec un code du travail en passe d’être « clarifié »), l’épuisement des médias (hors journaux de 20H00) à suivre le pas de course présidentiel, le bilan des six premiers mois de l’ère Sarkozy s’avère lourd en termes de régression mais  assez mince en termes de progrès et de réformes effectives.

 

                                                                                                              Achille

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