M.Sarkozy, magicien du pouvoir d’achat, peine à trouver les bonnes formules

Publié le par Achille

 C’est avec une semaine de retard sur la date initialement prévue que le président de la République a fini par délivrer ses nouvelles potions « magiques » en vue de doper le pouvoir d’achat des français. Au titre strict des nouveautés enfantées dans la douleur nous retiendrons la possibilité pour les salariés de « monétiser » leurs jours de RTT ainsi que l’indexation des loyers sur l’inflation.

Nul ne s’y trompera, la première mesure, qui s’inscrit dans le leitmotiv sarkozyste de base du « travailler plus pour gagner plus »,  vise clairement à  détricoter les 35 heures sous couvert de regarnir le porte-monnaie de la ménagère. En plus, elle ne coûte rien à l’Etat puisque que l’Elysée renvoie la balle dans le camp des entreprises. Du reste, l‘aveu du chef de l’Etat est sans appel, M. Sarkozy ayant reconnu une « absence d’argent dans les caisses ». Nicolas Sarkozy a également martelé qu’il entend remettre « sur la table la question du travail du dimanche » sur la base du volontariat. Rappelons pour la forme que six millions de français, plus ou moins volontaires, travaillent déjà le jour du seigneur.

Mais le rachat des RTT, pour aussi « nouvelle » que la disposition puisse apparaître, va être délicat à appliquer. Tout d’abord la mesure devra être assujettie à un accord majoritaire dans l’entreprise et il est peu  probable que les syndicats l’accueillent sans méfiance, et douteux que les employeurs abandonnent la flexibilité gratuite que les RTT leur apportent dans l’organisation annuelle du temps de travail. Sans compter que, contrairement à ce qu’affirme notre hypersincère président, nombre de salariés sont attachés à leur jours de RTT et ont désormais organisé leur vie quotidienne en conséquence.

La seconde novation est, une fois n’est pas coutume,  de nature à enrayer (très partiellement)  l’érosion galopante du pouvoir d’achat des français. L’indexation des loyers sur l’indice du coût de la construction est, en effet, une fois et demi supérieure à celle de l’inflation. Entre 1998 et 2006, les loyers ont augmenté de 37,7% contre une inflation de 15,6%.

 

                                       BRINGUE A TOUT CASSER

 

 Certes, les propriétaires vont se rattraper en durcissant leurs exigences en matière de garantie, ce qui risque de retomber sur les épaules des candidats les plus pauvres à la location même s’il est désormais envisagé qu’un mois de cautionnement au lieu des deux jusqu’ici demandés.

Pour le solde, les mesures annoncées sentent le réchauffé, ou sont un renforcement du climat de duperie ambiant.

L’arme suprême de la défiscalisation des heures supplémentaires mérite, ici, d’être un tant soit peu éclairée. Selon les chiffres du ministère du Travail seul 37% des salariés ont recours aux « heures sup » soit 8,2 millions d’actifs sur….25 millions. En 2007, ils devraient, de même source, se partager 800 millions d’euros et plus de 4,5 milliards en année pleine. Soit : 550 euros en moyenne par an et par tête de pipe. De quoi, donc,  faire une bringue à tout casser…

Mais bon, il faut ajouter que pour faire des heures supplémentaires encore faut-il qu’il y ait du travail, et ce n’est pas avec nos fracassantes perspectives de croissance que nous allons pavoiser. Sans parler du fait que les heures supplémentaires, comme chacun le sait, est un formidable coup de pouce aux nouvelles embauches.

Ensuite vient le déblocage anticipé des fonds de participation des salariés. Lors de la dernière tournée, en 2004, les deux tiers des sept milliards débloqués avaient été replacés à vive allure, dans des produits d’épargne afin de remplumer les bas de laine français en cure d’amaigrissement depuis le passage à l’euro en 2002. Et le coup de fouet à la consommation escompté n’avait réveillé personne.

Retour à la case départ. Sans retour à une croissance solide les problèmes qui secouent notre pays, chômage, pouvoir d’achat, sécurité, banlieue,  ne pourront être solutionné. Mais, n’en déplaise à notre superprésident, celle-ci ne se décrète pas. En revanche, cette croissance peut, par exemple, se constater dans les bénéfices des entreprises du CAC 40,à l’instar de Total. Mais une contribution de leur part à l’effort national n’est, bizarrement,  pas une nouveauté qu’on ose songe à proposer.

                                                                               

                                                                                             Achille

 

 

Publié dans Politique

Commenter cet article

Rébus 02/12/2007 15:26

La croissance ne se décrète pas et certains parlent d'aller la chercher.
Ok, mais pas dans les poches du CAC40, on dirait