AVEC KADHAFI, SARKOZY VA CHERCHER LA CROISSANCE A GENOUX

Publié le par Achille

 Contrairement à ce qu’il avait promis, ce n’est pas avec les dents que notre président tente de chercher le un pourcent de croissance qui nous manque pour relancer la machine économique, mais bel et bien à genoux. Et ce, dans un pitoyable chemin de croix, d’autant plus surprenant que sa destination est grandement incertaine, au long  duquel le représentant de l’Etat français  n’a guère  hésité, lors de la semaine écoulée, à exposer le pays aux vexations et aux caprices d’un « client » paré des atours sinistres du parfait dictateur prônant le terrorisme comme panacée du rééquilibrage Nord-Sud.

    Peu importe de savoir si les contrats prétendument signés par Muammar Al-Khadafi se monteront, comme l’indiquent les très optimistes calculettes élyséennes, à 10 milliards d’euros ou bien à trois milliards, si l’on s’en tient aux seules commandes fermes. La dignité et la moralité de la France ne s’achètent pas. Ou, plutôt, ne devraient pas être à vendre. Et l’on peut douter que le « mandat clair » dont se targue Nicolas Sarkozy depuis le 6 mai dernier comprenait l’organisation de cette grotesque, mais ô combien significative, mascarade qu’a été la visite libyenne.

    Rien n’aura été épargné pour tenter, avec une maladresse qui serait presque touchante si elle n’était pas aussi lamentable, de dorer le blason du « Guide de la Révolution ».

 

                                         Pantomime des courbettes

    En prélude à la visite du dictateur, ce fût à Patrick Ollier (député UMP, ex-président de l’Assemblée nationale) de démarrer la pantomime des courbettes. Ainsi, le compagnon de Michèle Alliot-Marie, notre sémillante ministre de l’Intérieur, signa avec brio un portrait de Khadafi dans le Journal du Dimanche (groupe Lagardère) au titre évocateur : « Rien à lui reprocher ». C’est vrai, mais depuis combien de temps ? Quelques heures tout au plus (quoique…). Mal informé sûrement, l’élu du Peuple français et président de l’association des « amitiés ‘parlementaires’ franco-libyennes » aura sans doute zappé les propos du Grand Libérateur de Libye, tenus quelques jours avant à Lisbonne selon lesquels « il est normal que les faibles aient recours au terrorisme face aux surpuissances ».  Ceci dit, pas mal de choses avaient déjà échappé à Patrick Ollier . Comme, par exemple, le fait que le concept même d’amitiés parlementaires entre la France et la Libye est totalement unilatéral. Sachez le, Patrick, cela fait trente huit ans que l’espèce des parlementaires libyens  a été définitivement déclarée disparue. Ce fait coïncidant avec la date du coup d’Etat de votre cher colonel.

    Quand aux détails du déroulement de la visite officielle du Guide de la Révolution, il faut se pincer pour y croire. Cela tient du programme d’un tour opérateur spécialisé dans le délire provocateur et mégalomane. A se demander si le plus plaisant de la visite pour Khadafi n’a pas été, chaque jour, d’élaborer une demande du genre : « ils ne vont pas accepter ça ? si ! c’est pas possible, je continue et je place la barre plus haut…pour voir ».

 

                                                 Abdallah à Moulinsart

    Citons pêle-mêle l’installation de la tente de bédouin dans les jardins de la résidence de Marigny, à deux pas de l’Elysée . Comme Abdallah à Moulinsart dans les aventures de Tintin. Mais le comique ne s’arrête pas là. Le colonel s’est amusé aussi (sûrement beaucoup) à contredire son hôte, affirmant que lors des entretiens avec le président de la République française il n’a jamais été question des droits de l’homme. M. Sarkozy s’étant, pour sa part, officiellement vanté du contraire.

     Puis, « notre » épatant colonel s’est plu à regretter devant une assemblée de députés français (de la majorité ) « l’internationalisation du conflit au Darfour » où la France, de l’autre main, s’épuise à mettre en place une force, précisément, internationale.

    Fatigué mais heureux de ses « farces », le sympathique  personnage s’est alors un peu détendu en allant semer la panique au musée du Louvre puis à Versailles pour une longue séance de pose… devant le trône du Roi Soleil.

Ainsi, requinquée la délégation libyenne a pu gentiment laisser un cadeau d’adieu aux autorités françaises, insultant sans ambiguïté (ce n’est pas le genre de la maison)

le chef de la diplomatie française, qui, selon le ministre des affaires étrangères libyens est un vrai rigolo qui déclare souvent « quelque chose le matin et son contraire le soir ». L’officiel libyen a également « félicité » avec force élégance la secrétaire d’Etat française au droit de l’homme  sur la volonté de la jeune femme a vouloir être « plus française que les français ».

       Non, nous ne rêvons pas. Ceci est le résultat de la marque « realpolitik Sarkozy". Celle du cadeau fiscal à quinze milliards d’euros alourdissant d’autant le déficit budgétaire de la France - nous éloignant ainsi des critères de Bruxelles tout en représentant le traité de constitution européenne par voie parlementaire bien que le peuple se soit déjà démocratiquement prononcé contre. Quinze milliards pour remercier les électeurs d’un côté, mais 10 milliards (sait-on jamais ?) à récupérer (avec les dents) de l’autre au prix de….la morsure de l’infâmie, mais où va-t-on ? et où cela s’arrêtera-il ?

                                                  

                                                        Achille

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