Sarkozy : maître des illusions (perdues)

Publié le par Achille

Nicolas Sarkozy va imposer à la France une régression sociale sans précédent en proposant de supprimer la durée légale du travail. Contre ses propres engagements de campagne qui, certes, n’avaient rassuré que ceux qui voulaient bien y croire. Percutant de front ses propres solutions de relance du pouvoir d’achat et de la croissance qui apparaissent désormais comme autant de leurres.

    Depuis 2002, la droite française, inféodée traditionnellement  au patronat, s’était juste mise en jambe avant son « grand soir » social dont le but est de replonger le monde du travail dans les délices obscurs du 19e siècle.

    A vot’bon cœur ! avait déjà clamé Raffarin, ce pâle amateur, en privant il y a cinq ans les (seuls) salariés du lundi de Pentecôte, soit-disant pour financer l’aide aux personnes âgées. Notons que ces derniers n’ont jamais vu depuis la couleur de cette manne pour la simple raison qu’elle coûte bien plus cher à mettre en œuvre que ce qu’elle rapporte.

Aujourd’hui, d’un trait de plume élyséen, notre petit  Nicolas biffe les 35 heures dont 2008 doit voir la fin. La loi sur le temps de travail, dont bien des aspects sont discutables (ou devraient l’être) avait quand même, bon an mal an contribuer à créer quelque 400.000 emplois de 1997 à 2002.
 
                                                Comme au bon vieux temps

    Les syndicats, jusqu’ici peu soutenus par le secteur privé, doivent dans un délai éclair « négocier » et revoir la copie de la durée légale du temps de travail. En bref,  les confédérations ont le choix entre accepter toutes les propositions gouvernementales ou bien tout accepter du gouvernement en s’adaptant au rythme effréné de Sarko. A défaut d’une signature à l’issu de ce choix cornélien, l’hyper-président a prévenu : il sera contraint de légiférer. En imposant de toutes façons des négociations par branches sur la durée du travail, voire des accords de gré à gré salarié par salarié. C’est plus souple et on passe tranquillement  par dessus les représentants du personnel. Comme au bon vieux temps.

    Une question s’impose : mais où est donc passé le célèbre « travailler plus pour gagner plus » ? panacée sarkozyenne, martelée au point de lasser les plus virulents,  pour relancer la croissance. Car ici, notre magicien d’Etat fait disparaître le peu d’heures supplémentaires qui auraient éventuellement été payées par les entreprises au détriment de créations d’emplois. Il convient de garder à l’esprit que sur 22 millions de salariés français, seuls huit millions peuvent y prétendre….Las, avec la règle de calcul  du petit Nicolas tout sera donc beaucoup plus simple.

    Prochaines étapes possibles : les congés payés, le droit de grève, la liberté d’expression. Dans cette veine de gestion sociale à l’anglo-saxonne, notre président qui se croit toujours en campagne électorale (quand les résultats ne comptent pas), pourrait être séduit par une nouveauté qui nous vient d’Angleterre : faire passer les demandeurs d’aide sociale et bientôt les chômeurs au détecteur de mensonge. 

    Résumons les épisodes précédents :  d’un côté le petit Nicolas écorne le budget de l’Etat a accordant un cadeau fiscal hallucinant à son cœur d’électorat (avec des pans sur le  bec administrés par le Conseil Constitutionnel),  lance les français les uns contre les autres en imposant un diktat sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, détruit le système judiciaire au terme de choix économiquement ubuesques, poursuit la vente des bijoux de familles au détriment de la qualité du service public (EDF-GDF), va à Canossa avec Khadafi ou encore en Syrie et  Algérie, fait joujou avec l’ADN, met en place une franchise médicale dont l’inéquité fait l’unanimité, court la prétentaine et augmente son salaire de 150%.

   De l’autre côté : rien. Mais alors rien de rien.

                                                   Les étrennes de TF1

      Tous l’attendait pourtant ce mardi sur le pouvoir d’achat, lui qui répète en boucle qu’il sera le président du-dit pouvoir, alors que ses mirifiques résultats dans ce domaine l’ont déjà fait dégringoler vertigineusement  dans les sondages. Mais rien. D’ailleurs il confirme lui même : « réduire le débat politique à la seule question du pouvoir d’achat, c’est absurde ». C’est  sans doute cela la politique de civilisation…

     Sans rire, le président de la République a souligné lors de sa première et édifiante conférence de presse qu’il ne peut « donner d’ordres aux chefs d’entreprises » en matière de relance de pouvoir d’achat . Chacun aura désormais compris qui est aux ordres de qui.

    Et pour ceux qui ont encore des doutes, il suffira d’admirer la hausse de 10% du titre TF1, société dans laquelle le petit Nicolas est comme chez lui, après que le président ait annoncé la teneur des étrennes de la société. Désormais les chaînes publiques de télévision ne pourront plus vendre de publicité et laisseront ainsi les mains libres aux copains du privé.

 

                                          Achille

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