C’EST PAS LA FETE A « NEUNEU » POUR SARKOZY ET L’UMP

Publié le par Achille

Notre bientôt futur-ex omniprésident et l’UMP ne sont pas à la fête à Neuilly. Et ils ne sont pas sortis de l’auberge non plus. Avec désormais deux listes de droite dans le bastion historique de Nicolas 1er dit « Le Sauteur » (à l’élastique) au terme d’un week-end digne des plus grands burlesques, l’électorat conservateur ne sait plus à quel saint se vouer.

      Au point que la béchamel infernale dans laquelle s’est mise une fois de plus la Sarkozy Family pourrait avec un peu de chance tourner au scénario d’horreur pour les amateurs de messe en latin : Neuilly pourrait passer, tenez-vous bien….à gauche.

    Devant un tel pataquès, pour ne pas dire plus, Nicolas 1er a du sortir de sa réserve en Guyane dans laquelle il n’était que trop heureux de se faire, une fois n’est pas coutume, oublier. Le président du mandat clair (obscur) a donc, cerné par les chercheurs d’or à la frontière brésilienne, du appeler son petit monde « au plus grand sang froid et au plus grand calme ». Lui qui se voyait maître du monde, il prie désormais pour rester maître de ses troupes, voire maître de lui.

     Neuilly sous régime socialiste ! Politique fiction, direz-vous ? peut-être mais ce qui vient de se passer dans cette sympathique commune de banlieue (hé oui c’est le « neuf deux », 92, Hauts-de-Seine si vous préférez) tient plutôt de l’affliction politique.

    Mais c’est à se tordre de rire. C’est déjà cela. Comme ne s’en privent pas nos confrères étrangers à l’instar du très sérieux New York Herald Tribune qui titrait ce mardi : « le feuilleton familial à l’eau de rose des Sarkozy laisse un lieutenant du président sur le carreau ».

   Résumons l’affaire, le petit Nicolas, il y a très peu de temps encore sous influence Ceciliesque,  a tranché : pour Neuilly (où notre « depuis-peu-plus-trop-omniprésident » a régné en maître la bagatelle de 19 ans) cela sera David Martinon.

     Et tant pis pour ceux qui, comme les neuillyois, trouvent ce dernier trop parachuté voire un peu sûr de lui. Même pour la capitale mondiale du bermuda à carreaux.

    Le porte-parole de l’Elysée a les faveurs de l’ex-première dame de France, ce qui vaut toutes les expériences politiques, mais son seul titre de noblesse est le surnom qu’on lui donne à Matignon c’est-à-dire de « petit marquis ». Baste, il est des nôôôtre, et fera son travail, donc, mieux que les autres. On lui colle ainsi sur sa liste, le -beaucoup plus- légitime Arnaud Teullé, l’occupante de l’ex- fauteuil du président du pouvoir d’achat au conseil régional, Marie-Cécile Ménard et…le fils cadet Jean Sarkozy (dont la voix, chacun désormais le sait, ressemble à s’y méprendre à celle de Papa).

 

                                               Le cul des vaches

    Mais il en va de Neuillly comme des bourgades de province les plus modestes et tout candidat aux municipales doit savoir caresser le cul des vaches ou, à tout le moins, de ce qui se présente à portée de tract. Et là, le Martinon il n’est pas champion du monde.

     Et vlan, les sondages locaux ne sont pas au beau fixe pour le petit marquis voire à l’avis de grand frais. A quelques jours des municipales. Ce qui n’est pas pour arranger les affaires de Sarko 1er, dont le navire fait eau de toute part et qui, comble de l’insulte, est déclaré persona non grata, par les candidats maires UMP. Ces derniers craignent fort que la dégringolade de la côte de popularité du petit Nicolas, repassée joyeusement sous la barre des 40%, vienne troubler leur propre campagne.

    A la veille du week-end dernier, la rumeur enfle :  David Martinon se retirerait de la course à la marie neuillyoise (je sais, c’est pas très joli comme nom).

     Et puis c’est la catastrophe : Martinon tente un périlleux serrage de louche dominical mais il est attendu au coin du bois par des bourgeoises qui lui reprochent jusqu’à la hausse du prix du lait et de la baguette de pain (au levain) et pire : par une horde de journalistes le micro entre les dents. Le courageux personnage, visiblement mal préparé à un tel affrontement malgré sa grande expérience Elyséenne, s’enfuit à tire d’aile de 4/4.

     Comme on est jamais trahi que par les siens, ses co-listiers, progéniture sarkozyenne en tête, le laissent tomber comme une vieille chaussette (Cardin). La nouvelle première dame de France le trouvant (officiellement, on a sa fierté) beaucoup moins a son goût que la précédente, il n’a plus qu’à patienter pour faire accepter sa démission au patron. Ce qui sera sans doute chose faite après les municipales et le porte-parole du Palais n’aura plus qu’à soutenir les sortants du gouvernement comme Christine Lagarde.

    Mais à l’Elysée et au siège de l’UMP, il faut sauver les meubles et manger du ventre de crapaud pour tenter de préserver, pour la droite, ce qui reste du bastion neuillyois.

        Après de tumultueux palabres orchestrés par son talentueux président Patrick Devedjan,  l’UMP se voit contrainte de favoriser la candidature du divers droite Jean-Christophe Fromentin, résident méritant de la commune depuis près de trente ans et donc en pole position. Et ne se prive pas de les brocarder vertement. Ce qui a eu immédiatement pour effet de foutre dans une rogne pas possible le « jusqu’à-présent-très-calme » Arnaud Teullé (ex-co listier de Martinon) qui, estimant que l’investiture lui revenait de droit, lui balance direct dans les pattes une liste « dissidente » UMP.

     D’ici le premier tour des municipales, il y a gros à parier, que le feuilleton ne soit pas terminé. Et c’est tant mieux parce que sous la cinquième, on n’avait jamais eu l’occasion de se bidonner autant.

 

 

                                                    Achille

   

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