FILLON S’EMEUT DE LA FLAMBEE DES PRIX AVANT LES MUNICIPALES

Publié le par Achille

Le « collaborateur » de Sarko 1er, François Fillon, est un grand naïf. Alors que l’Institut National de la consommation, par le truchement de son magazine 60 millions de consommateurs, publie mardi 26 février une enquête pointant la hausse vertigineuse du panier de la ménagère depuis novembre dernier, le locataire de Matignon a convoqué la veille un conseil de crise en vue notamment de procéder à une opération « coup de poings » pour calmer la frénésie de étiquettes.

    Louable intention de prime abord, certes, mais, soyons sérieux, celle-ci n’a guère d’autre but que  de calmer les émotions avant les élections municipales. Car, pour qu’une initiative ait une quelconque chance de réussite, il faudrait revenir au contrôle des prix, ce qui, à tout le moins, n’est pas la ligne économique affichée par la droite française au pouvoir.

     Mais baste ! le Premier ministre, dit aussi « le Discret », a annoncé avec forte conviction trois mesures censées faire face à l’envolée des prix alimentaires.

    La première consiste en la création d’une « haute autorité de la Concurrence avec des pouvoirs accrus » afin de « renforcer la concurrence ». Cela ne rigole pas à Matignon. Rappelons toutefois que nous disposons déjà d’un Conseil de la Concurrence. Il a été créé il y a plus de vingt ans au moment de la suppression du contrôle des prix.  Il va donc falloir faire attention à ce que personne ne se marche sur les pieds.

      Enfin, consolons nous, pour se démarquer délicieusement de l’Elysée, Fillon n’a pas parlé de commission (il faut dire l’ancêtre du Conseil de la concurrence s’appelait…la Commission de la concurrence). Sarko 1er,  , lui, installerait une commission tous les jours tous les jours s’il s’écoutait…(cf detoxinfo du 21 février)

 

                                             Sortie de route

    Ensuite, le Discret a indiqué qu’il allait engager une « opération coup de poing dont l’objectif est d’enquêter sur les comportements de marge » et de voir « où sont les abus ».

     Les industriels et distributeurs n’ont plus qu’à trembler devant tant d’ardeur ! Mais pas devant les risques ou sanctions (soyons fous !) encourus…. En effet, l’ordonnance du premier décembre 1986, a mis fin au contrôle des prix, à de très rares exceptions près, dans l’Hexagone. Et on ne voit pas très bien ce que peut faire Matignon sans risquer une sortie de route.

    Enfin, le Premier ministre a annoncé une « opération de vérification de l’évolution réelle des prix des produits alimentaires » dont le résultat est promis avant le 10 mars. Gageons que la méthodologie de l’Institut National de la Consommation sera remise en cause par les services du Premier Ministre, car déjà, ici ou là, des voix s’élèvent pour douter de la justesse des calculs publiés.

    Il faut dire qu’ils sont terrifiants : selon le mensuel de l’Institut, de novembre à janvier, le prix de la plupart des pâtes, beurres, riz, céreales, biscottes ou encore jambons a décollé de 5 à 48%.

   Il y a donc gros à parier que le gouvernement fasse tout pour relativiser le phénomène de hausse car ce qui lui pend au nez ce sont des négociations salariales âpres dans le secteur privé (les négociations du secteur public ont abouti sur une augmentation d’un tout petit demi point d’indice). Ou de voir des milliers de français revendicatifs  dans les rues. Et là, il devra s’échiner à ne rien lâcher : car qui dit hausse des salaires (combinée une hausse des prix devenue impossible à masquer)  dit retour du spectre de l’inflation…Ce qui va vraiment la foutre mal.

   Ce qui est sûr, c’est que François Fillon fera tout pour sauver les meubles dans le dossier du pouvoir d’achat où  Sarko s’est lamentablement vautré. Nous lui souhaitons bien du plaisir.

 

                                                                                     Achille

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