FILLON, AU TOP DU HIP PARADE « A l’ENVERS », N’EST PAS UN PERDREAU DE L’ANNEE

Publié le par Achille

    Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de soi. Surtout lorsque cela vous maintient à flot dans le cœur, souvent volage, des électeurs. François Fillon, dit Le Discret, a réussi, au moins jusqu’à cette fin février, à faire sienne cette maxime.

   Le « collaborateur » de Matignon a su, avec constance, laisser Nicolas l’Impulsif s’emmêler dans un ego démesuré. Et affirmer, jour après jour, bévue après bévue, que le pire ennemi de Sarko c’est  Nicolas.

    Du coup, François Fillon, avec l’élégance indéniable que confère le mutisme, limite la casse et profite encore de 48% d’opinions favorables tandis que le bouillant locataire de l’’Elysée crawle frénétiquement dans un marais visqueux, à peine soutenu par 36% des amateurs de café du commerce.

    Mais detoxinfo, grand amateur de sagas historiques, tient, une fois n’est pas coutume, à filer un petit coup de main au Chanoine de Latran, en remettant en mémoire les hauts faits du ténébreux de Matignon. Surtout quand revient à la mode le devoir….de mémoire.

    Ainsi nous nous souviendrons du passage de Fillon dans les cabinets de Balladur, Juppé et Raffarin, où c’est le moins que l’on puisse dire, il n’a ni œuvré pour le pouvoir d’achat ni favorisé la « sécurisation » du parcours des français, surtout lorsque l’heure de la retraite sonne.

    En 1993, le beau brun de la Sarthe intègre le gouvernement Balladur en tant que ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche. Il s’y fait la main en voulant réformer la filière technologique et en plaidant en faveur de l’autonomie des universités (nous y voilà…).  Mais il se fait retoquer sa loi par le Conseil constitutionnel (encore eux !). Comme quoi, ainsi que le sait notre actuelle Valérie Pécresse, rien ne se perd.

    Ensuite, sous Juppé en 1995 (malgré avoir été de ceux qui ont soutenu Ballamou à la présidentielle contre Chirac) il récupère le maroquin de la Poste où il réformera avec  brio notre belle institution. Comme tous ceux qui font trois heures de queue pour aller retirer un recommandé - auprès d’un seul  préposé pour une trentaine de clients épuisés -  le savent bien.

 

                                  Pleine mesure avec la réforme des retraites

   Mais c’est avec Jean-Pierre Raffarin, la sorcière du Poitou, que Fillon va donner un aperçu de sa pleine mesure. Comme ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité. En 2003, après une année passée à installer diverses réformes pas forcément mal perçues de l’opinion (harmonisation des six Smics, contrats jeunes avec exonération des charges) il va alors…s’attaquer à nos retraites.

    Sa recette « originale » : l’allongement du temps de travail (notamment pour ces nantis de fonctionnaires) avec une augmentation des cotisations. Après un débat parlementaire interminable (le deuxième le plus long de la Ve, après celui sur la presse de 1983) et des centaines de milliers de personnes dans les rues, la loi passe. Mais  incomplète, car sans les régimes spéciaux.

   Résultat des courses, pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faudra désormais avoir bossé 40 ans en 2008. Jusque là tout va bien. Mais il faudra aligner 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020.

    Detoxinfo, grand devin, vous conseille toutefois une chose : lisez bien les journaux (bientôt www.detoxinfo.fr, bien sûr !) car en 2008 nous vous prédisons que tout va se précipiter. Préparez-vous à reporter vos projets de pêche à la ligne…

    Revenons à nos moutons : ensuite il y eu la canicule de 2003, pendant laquelle, bien que Fillon soit en charge du problème avec son secrétaire d’Etat aux personnes âgées, Hubert Falco, le Discret réussi miraculeusement à faire porter le chapeau (déjà !!) à Raffarin. Dont il lorgne amoureusement le poste…de Premier ministre.

     A côté, nous retiendrons notamment que, lors d’une algarade… avec Nicolas Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur) à propos de la discrimination positive. Fillon avait alors traité son aimable collègue de « facho », tandis que Sarko, plus timoré à l’époque, l’avait qualifié de « fayot ». Au prétexte que Fillon défendait alors la position de Jacques Chirac. Ami de toujours, comme on le sait bien, du petit Nicolas.

    Mais en ce début de 2008, leur amitié est toujours au beau fixe. Dans un interview au Parisien du 22 février, Sarkozy, en proie au serpent de la jalousie,  déclare « le maintien du premier ministre n’est pas indexé sur sa popularité ». Tandis que notre estimé Canard Enchaîné rapporte les propos d’un conseiller Elyséen : « le premier ministre monte parce qu’il ne fait rien ». Fine observation.

 

                                                                      Achille

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