SARKO SE PAYE UNE JOLIE… PAGE DE PUB AVANT LES MUNICIPALES

Publié le par Achille

Nos chers confrères du Figaro viennent très opportunément d’offrir,  à trois jours du premier tour des municipales, une jolie tribune à notre Sarko 1er  (histoire de contre-balancer le Parisien, cf detoxinfo.fr du 26/02). Dans les colonnes de « ses » chers confrères, notre ex-omni-président, fidèle à des pratiques désormais ultra-connues voire usées jusqu’à la corde, tente de réécrire sa courte histoire. Mais pas seulement. Il nous dévoile, parce que c’est plus fort que lui, quel type de dangereuses liaisons (et d’avenir) il prévoit pour les français. Mais cette fois, c’est juré,  il n’y aura plus de « maladresses de communication ». Si il le dit…

   Commençons par le plus drôle. « Le rôle du chef de l’Etat, c’est de garder une certaine distance par rapport au quotidien. Il n’a pas le droit de céder à l’agitation », dit-il. Il faut oser. Detoxinfo.fr ne vous fera pas, une fois encore, la liste invraisemblable des errements présidentiels qui, jour après jour, depuis le 6 mai ont apporté la preuve du contraire chez notre président de la « rupture ». 

    « Mon devoir est d’envisager les choses dans la durée (hé, hé ! au moins jusqu’en 2012…), avec du recul, du sang froid ». Du « sang froid » aux yeux, sans doute.

    « Je n’ai pas l’intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux », poursuit-il. On l’imagine bien même sans dons de voyance… Mais il entend « être attentif à tout, y compris à l’humeur du moment ». Particulièrement, Monsieur le Président fait attention à ses arrières : « on ne change pas un premier ministre en fonction des sondages ». D’autant plus que les sondages prôneraient plutôt un changement à l’Elysée. Quoi qu’il en soit, le « collaborateur » de Matignon doit boire du petit lait. Ce dernier est à présent « le meilleur pour mettre en œuvre (sa) politique ».

 

                                        DURE REALITE

    L’UMP maintenant : « après Rama Yade ou Rachida Dati une nouvelle génération doit émerger », instille le petit Nicolas. On ne sait pas trop comment les intéressées doivent le prendre, comme un siège éjectable ? Pas pour la gardienne des Sceaux qu’il qualifie de ministre des « plus courageux ». Ouf !

    Puis, petit coup de brosse à reluire au passage pour les élus de la majorité, dont la grogne est publique : « ils sont un soutien indispensable pour mettre en œuvre la politique voulue par les français ». Conseil de detoxinfo.fr à ces derniers : si vous avez besoin de quelque chose c’est le moment !

    Après ce petit intermède burlesque, passons à la dure réalité. Et, cette fois, on peut croire chaque promesse de cette feuille de route présidentielle.

    D’abord, en terme de pouvoir d’achat. Sarko prévient clairement « les hausses de salaires ne se décrètent pas ». Comme ça les salariés, espèce en voie d’extinction, sont au parfum. Pour les plus pauvres d’entre eux c’est pire : « la stratégie qui consiste à augmenter sans fin le SMIC n’est pas la bonne ». Mais « l’élévation du niveau de vie des français, de tous les français, est un objectif central de (sa) politique ». Comprenne qui veut…

    Après, Sarko s’essaye à la magie noire. D’un côté, il affirme qu’il « ne croit pas aux plans de rigueur » qui « ne mènent à rien ». On souffle. Mais pas longtemps. Moins d’une ligne et demi plus bas, on s’étonne : « ce sont les économies (et la croissance bien sûr) qui amèneront la réduction des déficits ». Donc résumons-nous : pas de plan de rigueur mais des économies…Là encore, comprenne qui veut…

     Ensuite, une petite phrase mais lourde de sens :  « même si il y avait demain 10% de croissance au Etats-Unis (NDLR : qui sont en train de rentrer… en récession), il faudrait malgré tout aménager notre droit du travail et notre fiscalité ». Accrochez-vous à votre CDI, pour les uns et attendez-vous à un autre paquet fiscal pour les autres. Souvenons-nous que le premier cadeau fiscal, qui a profité aux plus riches, fût de 15 milliards d’euros.

   Mais ce n’est pas fini. Il persiste et signe sur les  reconduites à la frontière et les quotas d’immigration, que Sarko qualifie dans le Figaro de « politique voulue par les français ».Il entend enfoncer le clou sur la rétention de sécurité (dont la rétroactivité initialement prévue a été déclarée  anticonstitutionnelle et qui, de ce fait, verra la loi s’appliquer qu’en…2023).

   Notre président bancal (37% d’opinions seulement lui sont aujourd’hui favorables) va tenter aussi de diminuer la représentativité des syndicats, pas seulement de la modifier pour s’adapter à la nouvelle donne. « Nous changerons cela aussi dans l’année 2008 », glisse-t-il, discrètement mais sûrement.

    Et enfin, nous avons gardé le meilleur pour la fin : le passage à 41 années de cotisation pour la retraite qui, selon la loi Fillon de 2003, est prévue pour cette année « sauf décision contraire fondée sur des éléments nouveaux ». « Nous verrons si il y a des éléments nouveaux », précise, papelard, le président du pouvoir d’achat discret. Quand on vous disait que la réforme des régimes spéciaux n’était qu’un apéritif…

 

                                             Achille et Virgil

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