MUNICIPALES : LE MODEM ARBITRE DES « ELEGANCES » OU ROI DE LA PAGAILLE ?

Publié le par Achille

undefined    Il en rêvait sûrement le Maître étalon de Pau, après le spleen « post-présidentielles ». Le voilà, par la magie de la calculette électorale en position d’arbitre des élégances municipales. Plus encore, il se paye une bonne tranche de rigolade en semant une pagaille, sans nul doute jouissive, dans la bipolarité gauche droite.

      En plus d’élever des chevaux, c’est donc un boxeur. Il combat, certes, en poids moyen avec une représentation de 3,74% à l’échelle nationale à l’issue du premier tour, mais de plus 10% dans les villes de plus de 30.000 habitants.

     La grande question est maintenant de savoir comment il va vivre le deuxième round. Et le suspens empêche de dormir plus d’un édile. D’où les troubles de Jean-Claude Gaudin, prince du marketing à l’américaine (cf detoxinfo.fr des 9 et 10 mars 2008).

    Dans la cité phocéenne, où Gaudin est à la lutte à main plate avec le PS Jean-Noël Guérini, les tractations d’entre deux tours  tournent  à la Commedia dell’ Arte.

     Jean-Luc Bennahmias (5,54% des voix le 9 mars), suivant les recommandations de Bayrou, a proposé à l’UMP son ralliement contre la mairie du 3e , celle que brigue Renaud Muselier, le bras droit du maire sortant. Gaudin, qui a sa fierté, l’a donc logiquement envoyé se faire cuire une omelette et le Modem a finalement négocié cinq postes de conseillers à Guérini. Ce que c’est quand même la pureté des convictions politiques…

    A Toulouse, où la majorité présidentielle se ronge les ongles jusqu’au sang, le Modem balance moitié PS, moitié UMP. Affaire palpitante.

 

                                                GAUDRIOLES

    La capitale n’est pas en reste de gaudrioles. En position de force, Delanoë est ravi d’accueillir les Verts et n’a donc pas besoin du Modem. Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, essaiera donc de sauver ses propres meubles. C’est plus présentable pour le PS, malgré les atermoiements névrotiques de Ségolène, toujours prête à souffrir d’amour et grande adepte de la danse du centre.

     Ce qui est beau avec les municipales c’est qu’elles sont très couleurs locales. Comme les girouettes sur le toit des maisons de notre belle province.

     Le ex-omni-président-du-pouvoir-d’achat-et-du-reste a timidement déclaré entre les deux tours ne pas vouloir s’engager publiquement dans la bataille. Mais il explose son forfait téléphonique. Le petit Nicolas,  en félicitant chaudement Juppé pour sa victoire à Bordeaux s’est vu refilé par ce dernier une belle patate chaude :  foutre la paix à Bayrou à Pau. Où le leader du Modem, au coude à coude avec le PS, est néanmoins talonné par le candidat UMP.

      Selon le Canard Enchaîné, notre bien-aimé président s’est laissé infléchir par la demande de Juppé : « OK pour Pau ». Mais à condition d’obtenir  « un véritable échange ». 

     Commence alors une jolie pantomime : Devedjan, patron de l’UMP propose publiquement (cette fois) une négociation globale à Bayrou. Raffarin, sorcière du Poitou et prince de la communication, déclare tout à trac et avec sa légèreté coutumière de zébu, que le Modem est « l’adversaire » des socialistes. Effrayé par tant d’ardeur et chapitré par Sarko, le « collaborateur de Matignon », François Fillon, clos l’histoire en proposant des accords de désistements réciproque dans les grandes villes à problème. Et Bayrou claque la porte.

   Reste que le Modem peut se maintenir dans 37 villes de plus de 30.000 habitants…Et que la majorité présidentielle doit faire face à « une sorte de déception » comme l’avoue le Premier ministre.

                                           Achille

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