Caramel : Le Liban à croquer sort en DVD

Publié le par Achille

     La censure dont a failli être victime Persépolis au Liban, illustre parfaitement l’enchevêtrement d’idéaux parfois contradictoires qui déboussole le pays. La sortie en DVD du film libanais de Nadine Labaki, Caramel, est l’occasion de jeter un coup d’œil curieux du côté de Beyrouth, où coutumes, religions et émancipation se font échos et s’opposent avec obstination.

    Un néon à moitié lumineux indique l’entrée d’un salon de beauté plus ou moins destroy. À l’intérieur, deux rideaux miteux abritent quatre femmes qui s’affairent à l’épilation caramélisée justement de la voisine et à la manucure de la grand-mère. Mais, derrière ce voilage rabougri se cachent les dialogues savoureux de quatre libanaises, chacune représentative d’un pan de cette société désorientée. On discute chiffon, mariage, sexe et religion. Layale se lamente sur son histoire avec un homme marié, Jamale, quadragénaire liposucée obsédée par la vieillesse, écoute les confidences de Nisrine, musulmane bientôt mariée mais plus très vierge ; le tout sans vraiment prêter attention à l’improbable relation amoureuse qui se noue entre leur amie Rima et une cliente.

    Dans ce temple de la superficialité, les discussions n’ont pas le goût sucré du caramel mais le parfum acide des questions existentielles. Comment être femme, musulmane, belle, homosexuelle dans ce Liban si complexe, dérouté et déroutant ? Les problématiques abordées résonnent comme autant de voix de la société libanaise, pendule oscillant entre tradition et modernité. Parfois remisées au fond de l’Institut, elles ressurgissent au détour d’une rue quand un policier verbalise le seul couple officiel du film pour arrêt prolongé sur la voie publique.

                                             LD / detoxinfo.fr

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