La très« chère » défiscalisation des heures sup’ atteint ses objectifs… inavoués

Publié le par Achille

Avec les magiciens, il faut savoir quelle main regarder. Certes, La défiscalisation des heures sup’, mesure phare de Sarko en matière de relance pouvoir d’achat contenu dans la très ambitieuse loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat, aoît 2007),  coûte plus cher à l’Etat que ce qu’elle rapporte. Au total, l’Etat dépensera 4,1 milliards d’euros pour permettre un gain supplémentaire de 3,78 milliards d’euros à une partie (seulement !) des salariés français, selon les calculs de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Soit un delta de 320 millions d’euros :  une broutille ! 

   Par ailleurs, selon l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) ce ne sont pas 900 millions d’heures supplémentaires qui auront été effectuées sur un an, comme l’affirmait l’été dernier le gouvernement, mais de 600 à 670 millions. On est loin du succès clamé à Matignon ou à l’Elysée.

 

                                               contradictoire

La ministre de l’Economie, la cycliste Lagarde, rétorque avec « ses » propres chiffres : le volume d’heures sup’ déclaré dans les entreprises de plus de 10 salariés a augmenté de 28% au dernier trimestre 2007 par rapport à la même période de 2006. Eléments mis en doute par le président de la Commission des Finances, Didier Migaud : « il ne s’agit pas de l’affirmer mais de le prouver ! », a-t-il dit, appelant à un débat contradictoire à ce sujet.

   Mais, en y regardant de plus près, on comprend  l’attachement du gouvernement à promouvoir les heures sup’. Pas tant parce qu’elles permettraient de relancer la consommation à certaines conditions (non réunies hélas…) mais surtout car elles portent un méchant coup à la réduction du temps de travail. Ce que veulent coûte que coûte les Sarkopains du Medef. Ces philanthropes cherchent sûrement à améliorer le bien-être collectif mais, surtout pas, la capacité bénéficiaire des entreprises ainsi que, par voie de conséquence, la distribution des dividendes aux actionnaires…

    Reste que les heures supplémentaires ne profitent qu’à une partie privilégiée des salariés : celle qui officie dans des secteurs où les carnets de commandes sont pleins. Et ces derniers sont rares. Par ailleurs, les cadres, par essence, n’en bénéficient pas. Enfin, tout cela aura au moins le mérite de prouver que les heures sup’ sont très chères. A défaut d’autre chose.

 

                                      Achille /detoxinfo.fr

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