EDF, GDF, La Poste : Servitudes (et grandeur?) des privatisations

Publié le par Achille

Et de trois ! La Poste a commencé son transfert au privé. L'administration Sarkozy poursuit sa quête obsessionnelle de destruction du secteur public afin de satisfaire ceux qui estiment que l'État doit montrer l'exemple et mettre son personnel à la diète. EDF, GDF ont déjà été aspirés par le cyclone de la privatisation et la SNCF serre les fesses. D'autant que cette dernière est la mal aimée des français du fait de ses " dysfonctionnements ", grèves ou pannes à répétition.

Pourtant, en y regardant bien, ces ventes d'actifs de l'État aujourd'hui légitimées par " l'ouverture des marchés à la concurrence ", s'apparentent souvent à une grande braderie des bijoux de famille, réalisée dans des conditions souvent discutables.

Par exemple, la France a cédé ses autoroutes, payées tant par l'impôt que par les péages. Ces derniers devaient, souvenez-vous, devenir gratuits une fois " amortis ".

En lieu et place de cette remise entre les mains de leurs véritables propriétaires, contribuables et usagers, les autoroutes ont été vendues à des entreprises " concessionnaires " privées, Vinci, Eiffage et consorts, après des " recapitalisations " dépassant le milliard d'euros.

Une sorte de triple peine pour les français qui ont financé leurs constructions, payé leurs crédits puis les ont refinancé pour qu'ils puissent trouver un " acquéreur ". Ce dernier raflant une mise assainie et devenue formidablement profitable.

Autre exemple, le Crédit Lyonnais. Après la banqueroute de l'établissement financier national, le contribuable a sorti de sa poche près de 1.000 euros par tête de pipe afin permettre sa cession au Crédit Agricole qui, merci pour lui, récolte maintenant les bénéfices du Lyonnais (près de 365 millions au premier semestre 2008). Pour autant la banque verte ne songe nullement à rétrocéder un peu de cette manne à l'État dont les caisses sont pourtant " vides ".

La République est bonne fille. Et visiblement mauvaise gestionnaire, car le retour sur investissement au moment de ses " cessions " est plus que discutable. Les privatisations à tour de bras ne parviennent pas à réduire le déficit budgétaire. Il demeure, malgré la liste impressionnante des actifs cédés, à 32,8 milliards d'euros à fin juin donc des plus grassouillets. 

Alors récolter quelques milliards par ci avec les autoroutes et EDF, et par là avec la Poste revient à essayer de vider la Méditerranée avec un dé à coudre. Mais, en revanche, conduit inexorablement des dizaines de milliers de salariés à la porte. Ce qui est détestable pour la croissance domestique, sur laquelle Sarko compte furieusement pour relancer la croissance tout court.

Alors le " ni ni " passe du ni " nationalisation " ni " privatisation ", cher à Mitterrand, au " ni gain financier ni gain social " des privatisations du petit Nicolas. Formidable !

Sachant que même les ultra-libéraux ont touché leurs limites puisque les États-Unis renationalisent en force les établissements des crédits vaporisés par la crise des subprimes...

Achille / detoxinfo.fr  (ceci est la Une de www.detoxinfo.fr, - premier journal satirique du web sans pub - du lundi 1er septembre. N'hésitez pas à lui rendre visite!)

Publié dans economie

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