Le Trésor US se coupe un bras pour retarder la gangrène mondiale

Publié le par Achille

La Une du 16 septembre de www.detoxinfo.fr, premier journal d'informations satiriques et d'Opinions du web. Sans Pub.

Quand l'Amérique éternue, le monde s'enrhume. Quand l'Amérique s'enrhume, le monde risque l'embolie pulmonaire. La crise financière que traverse l'économie mondialisée, focalisée pour l'heure sur le système bancaire yankee, fait désormais passer la crise de 1929 pour une banqueroute d'épicerie de province. L'annonce d'une nouvelle faillite d'un établissement bancaire a provoqué un trou d'air sur les Bourses mondiales. Et krach!

Bien consciente du risque d'escalade, la Fed (NDLR : Federal reserve, Réserve fédérale) après un week-end de concertation avec les grands établissements bancaires des Etats-Unis a choisi d'assouplir ses procédures d'injections de liquidités, les prêts qu'elle accorde aux banques pour se refinancer, cruciaux en cette période de crise.  Sans eux, ce serait un effet en chaîne qui plongerait l'économie occidentale dans une spirale irréversible. Mais la Fed se met en danger avec pour seul parachute la baisse du dollar qui doit doper les exportations et la croissance américaine. Très joueur.

La crise des crédits immobiliers à risques, les "subprimes, fauche les banques américaines comme du blé mûr.  La vieille Lehman Brothers, qui avait financé à la "belle" époque l'installation du chemin de fer, est la dernière en date à se retrouver à genoux. Les pertes dues aux subprimes, dont personne ne se risque désormais à évaluer l'ampleur, pourraient quand même dépasser les 1.500 milliards de dollars. Surréaliste.

Rappelons que le krach boursier de 29 n'avait conduit "qu'à" une dépréciation des titres boursiers de 72 milliards de dollars (de l'époque, certes). Autrement dit une "paille" qui avait quand même conduit à la "Grande Dépression", jetant des millions d'américains au chômage et des centaines de milliers d'entre eux sur les routes...

La Fed n'a toutefois pas voulu se porter au secours de Lehman Brothers comme elle l'a fait pour Fanny Mae et Freddy Mac (cf detoxinfo du 10 septembre). Ce sont les banques privées qui mettent la main à la poche pour constituer un fonds de garantie de 70 milliards de dollars afin de se protéger les unes les autres. Mais elles restent sélectives. Une autre malade, Merrill Lynch, vient de se faire racheter par la Bank of America mais Lehman Bros n'a eu d'autre choix que de se placer sous le "chapitre 11", une faillite sous contrôle de l'Etat qui permet, notamment de geler les dettes.

Jusqu'ici les banques d'affaires (celles qui sont le plus engluées dans les subprimes et qui ne font pas appel à l'épargne publique) ne pouvaient pas participer aux "enchères" organisées par la Fed qui les réservaient aux banques de détails (NDLR : les banques généralistes). A présent, les banques d'affaires pourront non seulement venir y chercher des fonds mais surtout garantir leurs emprunts avec des titres risqués. Plus fort, la Fed qui organisait ces "enchères" (en France, cela s'appelle les appels d'offres) deux fois par mois, va ouvrir ses vannes une fois par semaine. Non plus pour 125 milliards de dollars mais pour 150 milliards pour l'appel d'offres le plus important, le second restant à 50 milliards.

Autrefois, la Fed récupérait en garantie de ses efforts des titres de premier choix dits "AAA" mais accepte maintenant des "valeurs d'investissements", ces dernières étant plus que bancales par les temps qui courent. Voire très risquées. Du coup, la santé de la Fed, va en prendre un sérieux coup sur la cafetière et avec elle le cours du dollar. Au profit de l'euro.

Et c'est là que la maladie se propage à l'Europe. Car un euro fort, ce sont des produits européens hors de prix et les industries européennes qui accentuent leur plongeon. Pour calmer le jeu, la banque centrale européenne a injecté à son tour 30 milliards d'euros dans le "commerce". Une goutte d'eau.

"Il n'y a pas eu une seule introduction en Bourse depuis le début de l'année et tant que les banques seront aussi malades il n'y a rien à espérer", explique à detoxinfo.fr un analyste parisien. Lundi, la Bourse de Paris s'est effondrée, perdant jusqu'à 4,5% en séance.

Du coup, pour sauver les bénéfices et les dividendes, il n'y a qu'un seul moyen : tailler dans l'emploi à tour de bras. Ce n'est plus l'heure de l'investissement industriel encore moins de l'investissement humain. Ici se situe la vraie montée des périls. L'actionnaire a ceci de commun avec les autruches, il se fourre la tête dans le sable au premier coup de fusil.

Mais comme le dit la ministre française de l'économie "pas de panique"! Lagarde meurt mais ne se rend pas...compte.

Achille / detoxinfo.fr

Publié dans economie

Commenter cet article