A Dunkerque Arcelor protège l'environnement, le sien surtout...

Publié le par Achille

Voici un article publié le 18 septembre 2008 sur le site www.detoxinfo.fr, premier journal d'information satiriques et d'Opinions du web. Sans pub.

Mic Mac à Dunkerque autour d'un circuit de " blanchiment " de millions de tonnes de déchets toxiques impliquant le numéro un de l'acier Arcelor. Sombre histoire révélée par la Voix du Nord :  le mega-groupe, issu de la fusion du français Usinor, du luxembourgeois Arbed et de l'espagnol Aceralia, dirigé un temps par Francis Mer ministre de l'économie de Chirac, est suspecté d'avoir dissimulé aux autorités une partie de ses résidus industriels classés dangereux pendant plus de dix ans et s'être enrichi au détriment de l'État.

Ce qui drôle, c'est que Arcelor (NDLR : aujourd'hui propriété du groupe sidérurgique indien Mittal qui veut faire fondre ses effectifs) qui dément avec force toute implication, base sa communication sur son sens aigu de la protection de l'environnement.

Peu sensible, le Parquet a ouvert une information judiciaire pour corruption, concussion, faux et usages de faux documents administratifs, exportation non déclarée pour élimination dans l'Union européenne de déchets nuisibles.

Gênant : un douanier serait impliqué dans l'affaire. Lorsque ses collègues ont franchi "sur la pointe des pieds, la porte du procureur de la République, pour confesser qu'une enquête sur un trafic de déchets toxiques dormait dans un tiroir depuis trois ans, ça a jeté un froid. Quand ils ont annoncé que ce circuit de " blanchiment " - des dizaines de millions de tonnes - a coulé des jours heureux pendant près de dix ans, le froid est devenu polaire", écrit la Voix du Nord.

D'autant que les délits relevés par les douanes et finalement communiqué à la justice frisaient la prescription. Les douanes soupçonnent que dès 1993, Sollac (aujourd'hui filiale d'Arcelor) , le Rubis Terminal - entrepôt d'hydrocarbures situé sur le port de Dunkerque -, une société de traitement des déchets (la SONOLUB), un courtier portuaire, ainsi qu'un agent des douanes, auraient conclu un " marché " douteux, mais profitable.

Selon la Voix du Nord, des responsables de Sollac et de SONOLUB ont conclu un trafic de  fioul " naphtaliné ", produit classé dangereux, toxique, cancérigène, et très normalement très encadré par la législation et qui résulte du nettoyage des installations du sidérurgiste. Tentant, la SONOLUB aurait promis à Sollac que le traitement de ce déchet ne lui coûterait pas un centime alors que ce service est traditionnellement fort cher. Mieux encore, ces industriels auraient trouvé le moyen de récupérer la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Là où il y a de la gêne...

Les tonnages ainsi " blanchis ", se chiffreraient en dizaines de millions de litres et que les sommes en jeux seraient de l'ordre de plusieurs millions d'euros.

Ce qui est sûr, c'est que la fiabilité des procédés de retraitement des déchets industriels laisse un poil à désirer.

detoxinfo.fr et la Voix du Nord

Publié dans environnement

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