Fillon, Borloo, MAM : des malus et des couacs

Publié le par Achille

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Par Achille

Couacs et remontages de bretelles sont les mamelles de la Sarkozye. Au point d'apparaître presque comme une méthode, une signature politique. Quand on reparlera du duo Sarko/Filllon dans 20 ans on dira sans doute "Ah, oui les couacs !" comme les tartes à la crème rappellent immanquablement les débuts du cinéma comique.

Dernier épisode de notre "plus belle la vie à l'UMP" Fillon vient d'infliger camouflets et humiliations à Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie dont les rafraichissantes idées de taxes vertes avaient un tantinet viré au burlesque campagnard, et à la gendarmette MAM du fait de sa copine Edvige imposée à la barbare et dont les relents de Big Sister ont réussi à soulever une bronca générale toutes sensibilités politiques confondues. De quoi décourager les plus motivés.

Dans le premier sketch, il s'agissait de flanquer de nouveaux impôts sur des produits peu compatibles avec la préservation de la nature. Mais, par les temps qui courent, proférer des mots comme "taxes", "impôts", "contributions" conduisent aux galères. Dans un état libéral, ça la fout vraiment mal et Fillon en a encore les oreilles qui vibrent après la soufflante qu'il a pris de l'Elysée.

A des journalistes qui l'accompagnaient dans un périple Rome-Sotchi (Caucase) afin d'aller serrer la louche aux détenteurs de l'humanisme que sont Berlusconi et Poutine, le premier ministre s'est lâché : "Il n'y a pas d'arbitrage. Il n'y a aucune liste. Il n'y aura pas de nouvelles taxes, pas de taxe pique-nique, ni d'extension du bonus-malus dans le Grenelle 1. C'est clair". Circulez il n'y a rien à voir, ou à respirer.

Le pauvre Borloo avait confirmé il y a une semaine l'existence d'un projet de taxe pique-nique (sur les couverts, assiettes et verres jetables). Mine de rien, il avait évoqué dans son élan une extension du bonus-malus en cours d'arbitrage. Avec mise en service d'ici la fin de l'année ou début 2009. 

"Il y a eu un peu de précipitation dans la communication. Ce n'est pas très responsable. Je pense que ça va s'arrêter", a alerté Fillon. Borloo et son adjointe Nathalie Kociusko-Morizet se sont vus convoqués dare dare à l'Elysée. Mais pas pour leur proposer une place dans le G7, les ministres chouchous de Sarko...

Dans le deuxième tableau, plus tragi-comique, on assiste au plus beau désaveu des 500 premiers jours du gouvernement. MAM se voit, et c'est une grande victoire, sommée de rhabiller Edvige et de revoir de fond en comble le décret instituant le tristement célèbre fichier de renseignement policier. Exit les points qui fâchent  notamment sur les orientations sexuelles, sur les mineurs, les "informations relatives" aux personnalités qui "exercent un mandat ou jouant un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif" et sur leur santé.

La sanction de Fillon est tombée au moment même où le ministre de l'Intérieur se présentait devant les députés de la commission des Lois, qui avaient déjà souhaité, mercredi soir, une modification en profondeur du fichier. KO debout.

Pour éviter de paraître une nouvelle fois un poil amateur, Fillon a demandé à MAM de saisir dans la foulée la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) sur le nouveau décret aux règles apparemment plus strictes. Les données ne pourront être collectées que pour des personnes "dont l'activité individuelle ou collective" peut "porter atteinte à la sécurité publique", celles "entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles", ou "des personnes travaillant dans des secteurs ou des domaines sensibles".

MAM se retrouve ici fort mal payée d'avoir porter le chapeau sarkozyen dans "l'affaire Corse". Ou bien opportunément vilipendée pour ce fait d'arme par le "collaborateur" de Sarko. Fillon réglant comme il peut ses comptes avec son patron par un habile jeu de billard à trois bandes.

Comme d'habitude, beaucoup de bruit pour rien. Mais c'est comme cela qu'il s'aiment nos duettistes.

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