Après la valse des étiquettes, le bal de l'inflation masquée

Publié le par Achille

La Une du www.detoxinfo.fr du 23 septembre 2008. Découvrez l'information satirique et d'Opinions sans pub!

 

Comment faire pour préserver ses bénéfices quand on est un industriel de l’alimentation en pleine période d’inflation, sans froisser ses clients ou faire perdre la face à un gouvernement pris dans le siphon de la baisse du pouvoir d’achat (mais généralement très compréhensif avec les choses de l’argent) ?
Par l’inflation masquée bien sûr!

Cette réponse nous est fournie par une enquête publiée ce mercredi dans le magazine 60 millions de consommateurs, opuscule grandement redouté par le grand commerce et ses fournisseurs, tous régis par la loi de la marge.

Selon cette enquête, il faut avoir vraiment le sens du rythme pour avoir déchiffré la partition jouée par les industriels de la bouffe. Car il n’y a pas eu de valse des étiquettes. Plutôt des arrangements sous la gondole. Car au premier coup d‘œil, selon l’organe de l’Institut national de la consommation, les prix n’ont pas varié pendant l‘été. Cela aurait été très contre-productif et anxiogène auprès d’une clientèle terrorisée par le vide abyssal de son porte monnaie.

Le camouflage utilisé est beaucoup plus efficace que celui des troupes françaises en Afghanistan. Il passe par trois méthodes :

La première, et la plus courante, est la réduction des quantités. Ainsi, les célèbres “Prince” de Lu ne pèsent plus que 300 grammes contre 330 grammes avant l‘été. Le “Jockey” de Danone pèse lui aussi moins lourd : 850 grammes de fromage blanc contre un kilo auparavant. Ni vu ni connu ni pesé, je t’embrouille. Personne n’a vraiment vu le tour de passe passe. Tout bénèf sur les quantités énormes débitées par les grands distributeurs et tout le monde s’y retrouve. Sauf le cochon de client, bien sûr…

Une autre entourloupe consiste à changer l’emballage. Le produit reste le même, mais le paquet est plus beau, vlan : le prix augmente. Et le consommateur se laisse couillonner la plupart du temps en pensant qu’il s’agit d’un produit nouveau. Recette traditionnelle du marketing raisonné en trois leçons.

Mais 60 millions de consommateurs relève beaucoup plus grave : il s’agit ici de modifier la recette et de remplacer des ingrédients onéreux par des matières premières moins chères ou changer la composition pour abaisser le coût de revient. Le magazine précise que ce procédé est “surtout l’apanage des premiers prix ou du hard discount”.

Toc ! Ce sont les consommateurs les plus défavorisés qui trinquent avec du picrate frelaté ou du jus de pomme à la pisse d‘âne. Mais baste, qu’importe le contenu pourvu qu’on ait de la marge. En tout cas, quand il s’agit de la préserver (la marge) l’imagination n’a pas de limite.

Selon Luc Châtel, le secrétaire d‘État à la consommation et porte-parole du gouvernement, ces pratiques “ne sont pas nouvelles”. Ah, bon si le gouvernement était au courant, c’est autre chose…

detoxinfo.fr et 60 millions de consommateurs

Publié dans economie

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