Krach financier : le grand passage de patate chaude

Publié le par Achille

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par Achille

Après le temps des assurances, vient le temps des comptes. L'État américain, qui avait donné des signes d'apaisement aux économies et marchés mondiaux dans le plus fort de la tourmente financière, commence à chiffrer douloureusement la portée de ses promesses. L'administration Bush, en fin de règne, est trop heureuse de passer le témoin ou plutôt la patate chaude, aux prétendants à la Maison Blanche Obama et Mc Cain. Pendant ce temps là, en Europe, particulièrement en France, on serre les fesses.

Le monde suspend donc son souffle dans l'attente des solutions apportées par les candidats qui vont devoir assumer, au moins pendant un premier mandat de quatre ans, la facture du krach financier. Barack Obama comme John Mc Cain doivent l'un comme l'autre prouver à l'Amérique qu'il sont des "commandants" capables de gérer toute forme d'attaque contre le pays, et rivaliser de stratégies pertinentes propres à rassurer les marchés et, surtout, les contribuables.

George W. Bush n'est pas  mécontent d'avoir à vider les lieux d'ici la fin de l'année.  Afin d'éviter "une récession longue et douloureuse", son gouvernement a bien proposé un plan de sauvetage extrêmement coûteux pour l'État fédéral mais ce projet suscite déjà la polémique en pleine campagne électorale. Afin de sauver sa sortie en tentant de laisser l'image d'un président pragmatique, Bush a indiqué mercredi soir qu'il avait invité à la Maison Blanche les deux candidats à sa succession afin d'examiner l'ordre des possibles pour juguler durablement la crise.

Il convient de se souvenir qu'en janvier dernier, l'administration Bush avait tenté de relancer la croissance en annonçant des baisses d'impôts allant jusqu'à 800 dollars par contribuable. Ce qui a plus ou moins marché. Les États-Unis comptaient jusqu'ici parmi les rares pays a avoir contenu le spectre de la récession. Manque de pot, l'actuel plan de sauvetage devrait coûter pas loin de 700 milliards de dollars et accroitre la dette américaine à 11.315 milliards de dollars contre 10.316 avant son éventuelle exécution. L'effort devrait se situer autour de 2.000 dollars par tête de yankee....

On donne donc un peu d'un côté mais on reprend beaucoup de l'autre. Résultat des courses : la récession, sortie un temps par la fenêtre, rentre par la porte et se propage à l'ensemble du monde industrialisé. On comprend bien la migraine d'Obama et de Mc Cain ainsi que l'embarras qui s'invite dans la course à la Maison Blanche.

Le couteau sous la gorge,  les deux candidats ont publié un invraisemblable communiqué commun affirmant qu'il était temps "d'être ensemble, démocrates et républicains dans un esprit de coopération pour le bien des Américains". "Le plan qui a été soumis au Congrès par l'administration Bush est imparfait mais les efforts pour protéger l'économie américaine ne doivent pas échouer", ont affirmé les deux prétendants.

Le républicain Mc Cain a annoncé qu'il entend "suspendre" sa campagne pour se consacrer à la résolution de la crise. Subtil distinguo. Il a également souhaité que le débat télévisé prévu vendredi et qui devait opposer pour la première fois les deux candidats soit reporté à une date ultérieure. Ce que le candidat noir, plus sûr de lui sur les sujets du moment,  a refusé.

"C'est précisément à ce moment-ci, à mon avis, que le peuple américain doit entendre celui qui, dans environ 40 jours, héritera de ce gâchis", a déclaré Barack Obama . "Les présidents doivent composer avec plus d'un problème à la fois. Il n'est pas nécessaire de penser que nous pouvons faire seulement une chose à la fois et que nous devons reporter tout le reste", a ajouté le sénateur de l'Illinois. La Sainte Alliance a ses limites...

La France, qui a méconnu un temps l'ampleur de la faillite mondiale, choisit de se poser en "justicier" pourfendeur pathétique des coupables en col blanc. Sarko nourrissant l'objectif politique simpliste de pouvoir le moment venu, face à l'inéluctable accélération de la détérioration du pouvoir d'achat combinée à une non moins évitable reprise de l'inflation, ressortir avec une force accrue le célèbre "ce n'est pas de ma faute mais celle du contexte international". Encore la patate chaude...

Mais si à New York, face aux huiles de l'ONU, le président français a joué les matamores en début de semaine, clouant (verbalement) au pilori le capital tout aussi irresponsable que "coupable" dans une allégorie imprécise qui l'a exonéré de toutes solutions concrètes, jeudi à Toulon, Sarko s'est cantonné à une problématique plus "franchouillarde". Il a fustigé le manque d'éthique du capital et les rémunérations des grands patrons (vive Bolloré!).

 Il s'agissait primordialement  de "mettre en perspective la politique économique du gouvernement".  Devant un parterre conquis à sa cause, le chef de l'État a surtout tenter de convaincre la France qu'il tient le cap des réformes économiques (voir ci-dessous, rubrique "à la suite"). Même avec des marges de manoeuvres budgétaires étroites.

Étroites, c'est peu de le dire.  Parce qu'avec la récession qui se prépare, les rentrées fiscales seront autant de peaux de chagrin. Et les moyens accordés aux Réformes vont ressembler à l'argent de poche des enfants des salariés poussés à la porte chez Renault.

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