A qui profitera la crise?

Publié le par Achille

Malgré les interventions répétitives et phénoménales des banques centrales mondiales et celles des Etats soutenant à grands coups de milliards les banques défaillantes, le retour de la confiance sera-t-il durable?. Au final, les gagnants de cette aventure seront sans doute les détenteurs de la nouvelle donne économique mondiale : les pays émergents à forte croissance.

Les pays du  G7 réunis à Washington n'ont pu déterminer de mesures salvatrices. L'eurogroupe affiche sa volonté de soutien aux "grandes" banques. Le FMI (Fonds monétaire international) est prêt à mettre copieusement la main à la poche. Les Etats-Unis envisagent de garantir non seulement temporairement la totalité des dépôts bancaires, ce qui est la moindre des choses, mais  aussi les milliards de dollars d'endettement des financiers. Ce qui l'est moins.

Pour tenter d'arrêter le cauchemard et limiter ses effets prévisibles, c'est-à-dire la propagation de la crise financière "virtuelle" à l'économie "réelle" beaucoup de choses ont déjà été tentées ces derniers jours. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) ont baissé leurs principaux taux d'intérêt histoire de réalimenter la pompe du crédit entre banques. Un début d'action coordonnée présentée comme la potion magique à la débandade.

Mais dans ce sanglant dossier, "l'unité mondiale" est loin d'être acquise. Déjà que "l'unité nationale", comme le savent les français, est une vue de l'esprit...

En matière d'action de soutien, coordonné ou pas, ce sont des pays comme la Chine, la Russie voire le Japon, dont les croissances font pâlir l'occident qui risquent de voler au secours des pays les plus secoués par le séisme financier. A ce titre, le Japon propose un fonds d'urgence de 200 milliards de dollars (146 milliards d'euros).

Les nations essorées, devraient également à un moment ou a un autre avoir recours à l'émission d'emprunts dits d'"Etat" pour remplir des caisses vides. Et  seuls les pays à forte croissance auront les moyens d'y répondre.

Ainsi, la Chine a de grandes chances de devenir l'un des financiers des déficits publics des Etats-Unis qui sera, dès lors bien malvenu de lui refuser quoique ce soit en matière d'échanges commerciaux...(et vive les droits de l'Homme!) et reprendre la place qui a été la sienne pendant des siècles, celle d'une puissance mondiale inexpugnable.

En attendant on bricole. En France, face à la crise, chacun y va de sa petite idée. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer propose une amnistie fiscale aux français ayant "délocalisé" leurs avoirs pour peu qu'ils acceptent de souscrire à un éventuel emprunt d'Etat. Initiative jusqu'ici accueillie de façon très mitigée...

En revanche, l'initiative de l'Unedic, qui a décidé de reporter l'appel de cotisation de deux mois pour les entreprises de moins de 10 salariés et d'un mois pour celles de 11 à 50 salariés, est passée comme une lettre à la poste (avant privatisation...).

Le hic, c'est que cette largesse va contraindre l'organisme a avoir  recours "à un crédit de un milliard et demi d'euros pour pallier (le) manque de rentrées de cotisations dont les intérêts liés aux prêts pourraient atteindre douze millions d'euros, avec comme conséquence d'en supporter les frais financiers", souligne la CGT présente parmi les administrateurs de l'Unedic .

"Cette mesure présentée comme une aide aux PME, consiste à faire jouer à l'Unedic, organisme de gestion de l'indemnisation des chômeurs, un rôle de substitution aux banques. Les cotisations sont détournées de leur objet", juge le syndicat.

Mais il est vrai que nous ne sommes pas à un petit geste près pour nos braves banquiers.

detoxinfo.fr

Publié dans economie

Commenter cet article