Violence contre les enseignants : conte de la folie ordinaire

Publié le par Achille

La montée des périls au sein de l'Education nationale est symptomatique d'une inquiétante banalisation de la violence et d'un rejet de la justice dont le politique semble vouloir faire un cheval de bataille contre le service public.

Une institutrice est rouée de coup par une mère d'élève courroucée par l'interdiction faite à sa fille d'aller aux toilettes, d'autres enseignants sont poignardés dans l'exercice de leur fonction ou se suicident après de calomnieuses accusations d'élèves.

Le dernier fait d'arme de l'ultra violence à l'école laisse rêveur. Il est significatif du malaise entretenu généralement au sein du public à travers lequel les comportements extrêmes n'ont plus guère d'obstacles à s'exprimer.

A l'école primaire Jules Vallès de Pézenas (Hérault) la mère d'une élève a cherché puis débusqué l'institutrice de sa fille. Une maman très remontée. Il faut dire que l'affaire était d'importance puisque la professeure avait interdit à sa fille d'aller aux commodités pendant la mise en rangs parce qu'elle avait tout le loisir de le faire avant...

Dans l'escalier de l'établissement scolaire, selon des faits relatés par l'inspecteur d'académie, le mesuré personnage a agressé verbalement l'institutrice, puis l'a saisie par les cheveux, la faisant tomber. Et rouer de coups... Bilan neuf jours d'arrêt de travail.

Une paille comparée à l'enseignante poignardée il y a quelques mois à Étampes (Essonne) par un de ses élèves mécontent de ses relations avec sa prof, ou au suicide consécutif à la garde à vue d'un autre maître accusé faussement de violence par un de ses collégiens.

Le livre des horreurs de l'Education nationale est désormais régulièrement complété. Comment en est-on arrivé là ? Sans doute par l'irréversible permissivité issue non seulement de la réforme mal maîtrisée des comportements d'après 1968 mais surtout par le manque de moyens dont souffre le service public.

Stigmatisé par un pouvoir peu aux faits des réelles conditions d'éducation et entendant " manager " les profs comme du personnel privé et " high tech " sans donner le commencement des moyens de cette ambition, l'enseignant est également laminé quotidiennement par le tsunami des incivilités.

A la longue, la lassitude des personnels est devenue, hélas, perceptible et certains bénéficiaires de l'école publique se croient ainsi " légitimés " aux pires exactions.

D'autant que la justice, qui devrait normalement encadrer les débordements, est elle-même déstabilisée par les attaques perpétuelles dont elle fait l'objet. Ces dernières étant encouragées voire diligentées par un pouvoir jaloux de l'indépendance judiciaire et qui n'a de cesse que de la décrédibiliser pour mieux la soumettre.

Sans foi, ni loi.

www.detoxinfo.fr, l'information satirique en ligne et sans pub.

Publié dans sociologie

Commenter cet article