Nouvelle écriture : la grande illusion des registres d’orthographe

Publié le par Achille

François de Closet est un penseur respectable. Dans son livre « Zéro faute ! » (édition Mille et une nuits), il fustige, à raison sans doute, la complexité formelle de la langue de Molière et plaide pour une évolution du français. Bravo !  

Mais, le journaliste et écrivain, qui répète ad libidum, qu’il était un véritable cancre en orthographe va plus loin. Beaucoup plus loin même, dans un territoire où règne l’illusion de façon tristement criante. Pour lui, les jeunes générations, accrochées comme des berniques aux textos, SMS, MSN et autre Face Book ou Twitter, sauraient faire la différence entre leur sabir et un langage plus « officiel ». « Ils savent très bien que ce n’est pas du français », affirme le pourfendeur des idées reçues.  

Pour François de Closet, il y aurait donc différents registres, si je comprends bien son analyse, de langages écrits. Comme il existe (rait) chez les plus jeunes, une langue pour parler entre eux, pour chercher un emploi ou bien encore pour s’adresser à une quelconque autorité. Soit, je laisse ici le lecteur de detoxinfo à ses propres constatations.

Après la lecture de Zéro faute !, je me suis amusé à une, puis plusieurs expériences, qui ont malheureusement donné le même, inquiétant (ou pas selon Closet) résultat.

 

ALMANACH VERMOT

 

Chez des amis ayant des ados, et auprès des miens ados, j’ai formulé une demande simple auprès de ces bientôt adultes tapotant fébrilement leurs claviers, alimentant des conversations d’une tenue que ma bienveillance légendaire empêche de commenter. « A ta prochaine réponse, utilise le français et une orthographe minimum », lançais-je timidement. Devant les regards qu’a suscités cette petite requête, mon estomac s’est noué. Bilan uniforme. Impossible de revenir à quelque chose ressemblant, de près ou de loin, ne serait-ce qu’à l’almanach Vermot …

Je veux bien que Closet donne des arguments tels qu’aux 17ème et 18ème siècles, des penseurs comme Voltaire ou Diderot utilisaient dans leur correspondance une orthographe « privée » très personnelle. Mais, leurs écrits sont là. Somme toute, assez « propres ».

Autre argument massue de Closet : « le professeur doit apprendre à utiliser l’ordinateur » pour transmettre l’orthographe. On imagine sans peine que les enseignants l’ont attendu. En tout cas, ce dont on est sûr, c’est qu’ils attendent les crédits pour acquérir de l’informatique …

Comme la calculette, ajoute-t-il. Je ne sais pas vous, mais moi, sans calculette, je rame. Certes, dans ma vie courante, j’ai moins à calculer qu’à écrire ou parler (le français, et je ne parle pas de l’anglais qui, lui aussi, s’écrit et dont on ne peut plus guère se passer).

Globalement, l’outil technique nous permet d’aller plus vite, tellement vite qu’on y laisse des plumes. D’oies.                  « Quand les signes n’ont plus ni clarté, ni logique, ils ne permettent plus de communiquer, d’aucune façon », écrit l’académicienne Jacqueline de Romilly.

 

PS : j’espère que ce texte ne comporte pas trop de fautes, mais écrit en villégiature, je n’ai personne pour me relire ...

 

Achille

Publié dans culture

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