Pour vous, qu’est que ce sera Msieur Nicolas ? Une ptite pression !

Publié le par Achille

 

 

Dans le bateau (ivre) gouvernemental, balloté par les orages de l’été, on s’accroche à ce qu’on peut. Pour ne plus faire de mousse, l’heure est de « ne pas céder aux pressions ». Hortefeux, porte-flingue traditionnel, devenu un très sérieux Ministre du culte et un non moins sérieux Ministre de l’immigration, lance en service commandé élyséen la phrase pour tenter de colmater les trous d’un navire qui fait eau de toutes parts.

Comme le faisait dire le regretté Michel Audiard à Francis Blanche, « c’est curieux ce besoin qu’ont les marins de faire des phrases ».  Ou les tontons flingueurs ou, en l’espèce, les tontons expulseurs.

Arrivé à ce point, cocasse s’il n’était pas aussi nauséabond, de la Sarkozye, les maîtres mots sont devenus en pré- rentrée « pression » et « instrumentalisation ». Pilules destinées à soigner -  par les mots - les maux engendrés par une politique qui n’a guère d’autre but que de recoller un électorat droitiste qui fuit tout droit. Courage Fillon !

Reprenons un brin et, en remontant le temps, le verbatim sarkozyen.

L’affaire Woerth-Bettencourt-UMP est « instrumentalisée ». Pourquoi ? Pour combattre la légitime réforme des retraites, évidemment.  Il se trouve qu’elle est conduite précisément par le Ministre du Travail, Eric Woerth. Par qui ? Pas par les syndicats qui se sont très généralement abstenus d’évoquer « l’Affaire ». Mais par les journalistes, bien sûr ! Et là, les marquis du Château ne mâchent pas leurs mots. Nous sommes traités généreusement  de « trosko-fascistes » ou de nostalgiques  de « la presse des années 30 ». On sait bien que la meilleure défense, c’est l’attaque, mais il y a des limites à ne pas dépasser pour ne pas sombrer dans le gag. Tout le monde l’aura compris ; les revirements de position de Woerth dans ce dossier, ou encore, les remises de légion d’honneur aux petits copains : ce sont les journalistes qui les ont inventés. Allons jusqu’à dire que ce sont eux qui ont imprimé les biftons passant  de mains en mains. De vilains.

« Le gouvernement tient (puis maintient) le cap des réformes ». Grand leitmotiv !  Première réforme (et peut-être la seule), la loi TEPA (sans rire, Travail Emploi et Pouvoir d’Achat), plus connue sous le nom de paquet fiscal. Un joli paquet, en effet, qui permet à Lililane Bettencourt de recevoir un p'tit chèque de notre cher Trésor de 30 millions d’euros. On ne sait si cela a amélioré ses conditions de travail, voire son emploi, mais ce qui est sûr, c’est que son pouvoir d’achat a pris des couleurs. Lui qui en avait tellement besoin … La réforme des retraites, c’est Fillon qui l’a lancée, direz-vous.  Certes, mais sous Raffarin en …2003.

 

DECOMPLEXE

 

Sinon, on assiste, médusé, à la destruction de la gaullienne Sécu ou à celle de l’assurance chômage. Juste après son élection, l’hyper exécutif avait annoncé que les Français « allaient voir ce que c'était qu’une droite décomplexée ». On a vu, en effet. Je ne sais pas vous, mais moi,  je la préférais embarrassée par ses soi-disant complexes.

Pendant sa campagne, et tout jeune Président, Sarko avait assuré qu’il n’avait « pas été élu pour augmenter les impôts ». En moyenne, son gouvernement a créé une nouvelle taxe par mois depuis mai 2007 … « Les caisses sont vides », expliquait Fillon, au printemps 2008.

En campagne, le candidat UMP avait annoncé qu’il serait  « le Président du pouvoir d’achat » – 1) lire plus haut, 2) sans commentaire.

Toujours au printemps 2007, lors d’un meeting à Evreux, emporté par la liesse populaire et la fougue de ses conseillers, il clame (très échauffé, je sais : j’y étais) qu’il sera le Président du « peupe », sans « l » ; employant alors le phrasé très populaire jadis signature verbale de …Georges Marchais (NDLR (pour les plus jeunes) :  ex premier Secrétaire du Parti Communiste Français).

Le gouvernement n’a, certes, pas l’exclusivité des formules. Le sémillant Député vert européen, Daniel Cohn-Bendit, estime que notre leader maximo « prend les Français pour des cons ». La gauche dénonçait en campagne « la brutalité » du candidat Sarkozy et avait fait du terme son fer de lance. Elle s’était payée, sans doute, les services de Madame Irma.

 

Achille

 

 

 

 

 

Publié dans sociologie

Commenter cet article