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economie

Vendredi 14 novembre 2008

Après l’explosion médiatique qui les a clouées au pilori, banques et établissements financiers doivent non seulement écoper afin d’éviter la perdition mais aussi redorer leur blason par des campagnes de publicité plus ou moins bien venues.

Plus significatif, les pratiques d’incitations à la prise de crédits acrobatiques, pourtant désormais clairement identifiées parmi les principales causes du trouble, croissent et embellissent.

« Aujourd’hui, on nous demande bien plus de vendre du crédit à tout prix qu’autre chose », explique un chef de rayon electro-ménager d’une chaîne d’ameublement présente dans toute la France. Il précise que le taux effectif global (NDLR : TEG, soit le taux net payé par l’emprunteur) est de…20,6% soit pour 100 cent euros emprunté le paiement de 20,6 euros d’intérêt.

« On sait que les gens ont un maximum de chances de ne pas s’en sortir au final, mais ils sont adultes et nous c’est notre boulot », analyse avec aplomb un de ses collègues d’une enseigne concurrente. Il reconnaît que, malgré la mauvaise passe traversée par le secteur du crédit, « il n’y a pas vraiment eu de resserrement des conditions d’obtention de crédit ».

Foin des risques désormais connus au niveau planétaire car décortiqués au JT de TF1 (c’est dire qu’il est impossible d’être passé à côté même dans les coins les plus reculés de notre désertique campagne française) vendre du crédit pourri est primordial pour toute la chaîne des intermédiaires tant les marges sont juteuses.

D’ailleurs, si vous avez les nerfs assez solides pour vous taper plusieurs tunnels publicitaires des grandes chaînes de télé (privées car bientôt les publiques feront tintin) vous aurez le plaisir d’apprendre qu’on se bouscule toujours pour vous avancer de quoi boucler vos fins de mois grâce aux merveilleux crédits « revolving ». Ceux-ci, comme leur nom ne l’indique pas forcément pour ceux qui n’entendent pas la langue de Shakespeare sont…sans fin.

Afin de montrer patte blanche face aux tartufferies politiques, les banques de l’autre main affichent à longueur de spots leurs ambitions d’accompagner les PME dans leur développement assurant que c’est certainement pas elles qui songeraient à couper les vivres à l’artisan créateur au moment de payer les salaires.

Reste que les chambres de commerce et d’industrie croulent sous les plaintes faisant état d’assèchement de crédits pourtant octroyés depuis des lustres. Mais que les petits patrons se rassurent, il leur restera toujours la possibilité de contracter des crédits à la consommation car là les banques sont visiblement moins regardantes…

Par Achille
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Dimanche 2 novembre 2008
Par Achille
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Dimanche 26 octobre 2008
La crise amène à faire les comptes. Que reste-t-il de l'économie française et quels sont les pans industriels ayant une chance de subsister à la tourmente?  La récente tourmente ne doit pas faire oublier que la décennie qui vient de s'écouler a vu l'outil industriel français s'effacer peu à peu dans la terrible donne mondiale.

La récession qui s'annonce va être le prétexte à de nouvelles coupes sombres. Dans cet horizon obscurci, le secteur des loisirs surnage encore. L'Hexagone futur parc d'attraction.

L'appel aux morts est éloquent. La France sidérurgique a disparu. Usinor, un temps fusionné avec le luxembourgeois Arbed et l'espagnol Aceralia sous le doux nom d'Arcelor est devenu l'indien Arcelor-Mittal. Vive Gandrange, crie Sarko dans le désert du Thar (ndlr : grand désert indien...)

Pechiney, spécialiste de l'aluminium, est passé sous bannière canadienne avec Alcan avant que ce déjà gros poisson se fasse avaler par l'anglo-australien Rio Tinto. Et hop plus d'alu ! Pourtant, la hausse des matières premières en général et des métaux en particulier aurait pu permettre aux français du secteur de prospérer.

A côté, la France a perdu ses mines, sa mécanique, ses chantiers navals, sa chaussure, sa verrerie, son textile. L'inventaire est si long. Aussi long que la liste des emplois perdus. La France détruit désormais de l'emploi.

La litanie des plans sociaux est désespérante.  La construction automobile, Renault, PSA-Citroën procède à la décimation. Ancré sur les marges. Les matériaux de construction, Lafarge, Saint-Gobain qui ont jusqu'à présent sauvé les meubles risquent fort de payer un lourd tribut à la baisse généralisée de la consommation et les analystes voient des bénéfices 2008 catastrophiques. Donc immanquablement à des mises à la porte à tour de bras.

Idem pour la grande distribution qui court après le chaland. Même le grand pétrolier Total va pleurer après s'en être mis plein les poches avec la flambée des cours du brut, qui n'aura duré que ce que durent les roses de la spéculation...

Mais rassurons-nous, dans ce pitoyable tableau il y a néanmoins quelques lueurs d'espoirs. Comme Euro Disney.

Mickey a réalisé pour son exercice 2007/2008 un chiffre d'affaires en hausse de 9% à 1,33 Milliard d'Euros, dont 7% de hausse dans l'activité touristique. Son président Philippe Gas explique  que "la fréquentation de nos parcs et le taux d'occupation de nos hôtels sont la traduction d'une performance d'autant plus remarquable dans un contexte économique délicat... ". La morosité est donc soluble dans le royaume enchanté.

Du coup, avec l'impulsion donnée par les nouveaux riches (russes, chinois, indiens) à l'hôtellerie de luxe de la Côte d'Azur ou aux trois étoiles au Michelin l'orientation économique de la douce France est toute trouvée. Il est temps de se reconvertir qui en maître queux, qui en aubergiste de caractère, qui en guide de pampas du Massif Central. Pour touristes fortunés. C'est sans doute cela l'immigration choisie.

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Par Achille
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Jeudi 23 octobre 2008
Par Achille
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Lundi 13 octobre 2008
Malgré les interventions répétitives et phénoménales des banques centrales mondiales et celles des Etats soutenant à grands coups de milliards les banques défaillantes, le retour de la confiance sera-t-il durable?. Au final, les gagnants de cette aventure seront sans doute les détenteurs de la nouvelle donne économique mondiale : les pays émergents à forte croissance.

Les pays du  G7 réunis à Washington n'ont pu déterminer de mesures salvatrices. L'eurogroupe affiche sa volonté de soutien aux "grandes" banques. Le FMI (Fonds monétaire international) est prêt à mettre copieusement la main à la poche. Les Etats-Unis envisagent de garantir non seulement temporairement la totalité des dépôts bancaires, ce qui est la moindre des choses, mais  aussi les milliards de dollars d'endettement des financiers. Ce qui l'est moins.

Pour tenter d'arrêter le cauchemard et limiter ses effets prévisibles, c'est-à-dire la propagation de la crise financière "virtuelle" à l'économie "réelle" beaucoup de choses ont déjà été tentées ces derniers jours. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) ont baissé leurs principaux taux d'intérêt histoire de réalimenter la pompe du crédit entre banques. Un début d'action coordonnée présentée comme la potion magique à la débandade.

Mais dans ce sanglant dossier, "l'unité mondiale" est loin d'être acquise. Déjà que "l'unité nationale", comme le savent les français, est une vue de l'esprit...

En matière d'action de soutien, coordonné ou pas, ce sont des pays comme la Chine, la Russie voire le Japon, dont les croissances font pâlir l'occident qui risquent de voler au secours des pays les plus secoués par le séisme financier. A ce titre, le Japon propose un fonds d'urgence de 200 milliards de dollars (146 milliards d'euros).

Les nations essorées, devraient également à un moment ou a un autre avoir recours à l'émission d'emprunts dits d'"Etat" pour remplir des caisses vides. Et  seuls les pays à forte croissance auront les moyens d'y répondre.

Ainsi, la Chine a de grandes chances de devenir l'un des financiers des déficits publics des Etats-Unis qui sera, dès lors bien malvenu de lui refuser quoique ce soit en matière d'échanges commerciaux...(et vive les droits de l'Homme!) et reprendre la place qui a été la sienne pendant des siècles, celle d'une puissance mondiale inexpugnable.

En attendant on bricole. En France, face à la crise, chacun y va de sa petite idée. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer propose une amnistie fiscale aux français ayant "délocalisé" leurs avoirs pour peu qu'ils acceptent de souscrire à un éventuel emprunt d'Etat. Initiative jusqu'ici accueillie de façon très mitigée...

En revanche, l'initiative de l'Unedic, qui a décidé de reporter l'appel de cotisation de deux mois pour les entreprises de moins de 10 salariés et d'un mois pour celles de 11 à 50 salariés, est passée comme une lettre à la poste (avant privatisation...).

Le hic, c'est que cette largesse va contraindre l'organisme a avoir  recours "à un crédit de un milliard et demi d'euros pour pallier (le) manque de rentrées de cotisations dont les intérêts liés aux prêts pourraient atteindre douze millions d'euros, avec comme conséquence d'en supporter les frais financiers", souligne la CGT présente parmi les administrateurs de l'Unedic .

"Cette mesure présentée comme une aide aux PME, consiste à faire jouer à l'Unedic, organisme de gestion de l'indemnisation des chômeurs, un rôle de substitution aux banques. Les cotisations sont détournées de leur objet", juge le syndicat.

Mais il est vrai que nous ne sommes pas à un petit geste près pour nos braves banquiers.

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Par Achille
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Jeudi 9 octobre 2008
Lorsque on est devant le siège de la Royal Bank of Scotland (RBS) à St Andrew's Square, à Edimbourg on se sent tout petit. Un peu comme devant les grandes pyramides. Crée en 1727 par charte royale, la banque est la deuxième banque du Royaume-Uni et... d'Europe. Pourtant,elle vient d'affoler les marchés en contribuant à la panique générale : elle chercherait, elle aussi, de l'argent frais.

Selon la BBC, la RBS songe à lever des capitaux afin de faire face au chaos financier. De grands noms de la finance britannique comme la Loyds TBS et Barclays seraient dans une même panade. La même rumeur coure également outre-Rhin, visant la Deutsche Bank.

Si ces institutions européennes viennent s'ajouter à la liste des banques américaines en détresse, il y a encore plus grave. Des États entiers, comme l'Islande font la manche.

Le pays nordique nationalise sa  deuxième banque du pays et demande pour lui-même l'octroi par la Russie d'un prêt de 4 milliards d'euros pour parer au plus pressé alors que l'économie de l'île (NDLR :  basée sur son système financier précisément) menace de s'effondrer.

On comprend que la denrée la plus rare de la planète financière devient la confiance. C'est même un doux euphémisme alors que le risque de "credit crunch", situation dans laquelle plus personne ne prête à personne, plane sur l'économie mondiale menaçant de paralyser toute la machine.

Après l'adoption du plan Paulson de 700 milliards de dollars pour éviter la panne générale grâce au contribuable yankee, l'Europe tente à son tour de présenter un dispositif afin de conserver la confiance populaire. Encore un peu.

 Les ministres des Finances de l'Union européenne  pourraient annoncer un relèvement de la garantie minimum dont peuvent disposer les épargnants de la zone en cas de faillite de leur banque, pour la faire passer de 20.000 à jusqu'à 50.000 euros (aux États-Unis, cette garantie a été relevée à 184.000 euros). Dans le but d'éviter que les succursales bancaires soient prises d'assaut par des usagers en proie aux affres de la spoliation de leurs avoirs. Le cauchemar des cauchemars...

En France Sarko - dont le résultat du G4 (France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne) du weekend dernier a été  un poil décevant du fait du manque d'unité des "grands" pays européens qui ne parviennent pas à se mettre réellement d'accord sur une action commune face à la crise -  appelle toujours à une action "coordonnée".

Il tente aussi de garder le peu de "confiance" qui reste en France en assurant que "nous ne laisserons pas tomber nos banques". Mais nos  caisses sont si vides que nous n'aurions même plus les moyens de leur offrir un paquet fiscal.

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Par Achille
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Mercredi 8 octobre 2008
Ce 7 octobre, journée de mobilisation des salariés à l'appel des plus grandes organisations syndicales françaises, vise à promouvoir le travail "décent" sur fond de crise planétaire. Le mouvement s'inscrit même dans une journée mondiale sur ce thème éloquent. La décence du et/ou au travail est donc clairement passée d'un droit qu'on croyait inscrit dans le marbre depuis le front populaire au statut d'une denrée menacée de disparition. Mais ne mérite visiblement pas l'appel à la grève, devenue impopulaire et "indécente".

Dans un communiqué, la Confédération syndicale internationale (NDLR : CSI, sorte d'ONU des syndicats mondiaux) revendique l'accès à des emplois "respectant pleinement nos droits humains. Des emplois sûrs et sains. Des emplois correctement rémunérés et offrant une protection aux travailleurs et travailleuses et à leur famille. Des emplois où les problèmes et les conflits sont réglés par le dialogue et des accords négociés, et non pas par le diktat ou la répression".

Compte tenu de la dégringolade économique qui croque jour après jour, plan social après plan social, les rares poches d'emplois subsistantes dans le monde dit "industrialisé", cet appel de la CSI ressemble à un voeu pieux. La quête d'une rentabilité déraisonnable  de l'entreprise fait régner une loi draconienne sur le marché du travail. Sur lequel une chape de plomb s'est abattue depuis l'éclatement de la bulle internet du début du 21e siècle.

Un poil auparavant on s'était un peu trop emballé à l'avènement de la Toile et à la généralisation de son utilisation marchande. Les sociétés ".com" avaient créé un appel d'air mais il est malheureusement retombé aussi vite qu'il s'était levé. Certes, cette embellie passagère n'avait touché qu'une petite partie des salariés, ceux formés à la nouvelle économie.

Les Bourses, dont l'objectif initial est de participer au développement des entreprises et non à la spéculation aveugle sur des instruments financiers sans queue ni tête, on entamé une chute vertigineuse dont le seul hypothétique avantage serait une "moralisation" de la finance.

Dans ce maelström, le salarié en est purement et simplement réduit à s'accrocher à son siège lorsqu'il a le privilège de détenir un emploi en acceptant tout ce qu'on lui demande, pour "indécent" que cela soit. Et lorsque ce n'est pas le cas à se plier à toutes les exigences de trajet, d'horaires, de salaires.

A ce titre, la réforme instituant "l'offre raisonnable" d'emploi, contenu dans la loi relative " aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi", qui oblige progressivement le chômeur a accepter un travail à deux heures de trajet de son domicile puis n'importe quel travail (même si il n'est pas en relation avec son expérience ou sa formation) en dit long sur la nouvelle donne. Et l'interprétation du terme "décence".

Afin de marquer le coup contre ce nouveau genre, la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, la FSU, Solidaires et l'Unsa - appellent les salariés à des "mobilisations d'ampleur dans tout le pays". Sans parler de grève car le terme passe de plus en plus mal auprès de l'usager. Bataille de mots, de communication.

Lundi, dans une action de marketing dont il a le secret, Sarko est allé rendre visite aux salariés de l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime), menacés, eux aussi, de disparition du fait d'un plan de 1.000 départs volontaires. Avec "décence" il a essayé de les rassurer.

Mais comme les ouvriers d'Arcelor-Mittal  de Gandrange (Moselle) a qui l'omniprésident avait fait des promesses emphatiques sans aucun résultat, les "Renault" de Sandouville ont eu "l'indécence" de mettre sérieusement en doute l'optimisme présidentiel. Ils ont même accueilli le président du pouvoir d'achat avec un arrêt de travail surprise, frustrant ce dernier de sa tribune.

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Mardi 7 octobre 2008
Par Achille
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Mardi 7 octobre 2008
La décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir son principal taux directeur à un niveau inchangé (et élevé) de 4,25% a fait grincer de nombreuses mâchoires. A première vue, la politique de rigueur monétaire de l'austère gouverneur Jean-Claude Trichet—qui persiste à maintenir le crédit cher— est mauvaise pour le commerce que ce soit hors ou en Europe.

 Mais cette stratégie vise surtout à juguler l'inflation. Ce qui doit contribuer à repousser les risques d'une "Grande dépression" en dehors du Vieux Continent. Plus que les décisions du "G4", en tout cas.

Pourtant Sarko et Fillon l'espéraient ce petit geste de détente. Une baisse des taux aurait bien fait repartir en douce l'économie européenne et particulièrement celle de la France.

En laissant les banques se refinancer pour moins cher auprès de la BCE, ces dernières pourraient illico prêter plus aisément aux entreprises et aux particuliers. Les premières réinvestissant alors un tant soit peu dans la production, les seconds dans l'achat de biens de consommation voire dans l'immobilier. Mais voilà, adoucir le crédit revient à créer de la monnaie, donc de l'inflation et à terme de la monnaie de singe. Ce que précisément veut éviter la BCE et ses chiens de garde (fous).

D'ailleurs, les Etats-Unis en faisant financer par le contribuable le plan de sauvetage Paulson de 700 milliards d'euros—pour sauver le pays d'un risque "systémique" qui foutrait par terre les banques, puis ce qui reste d'industrie productive—veulent à tout prix éviter de répéter l'erreur de 1929.

La Grande crise avait débuté comme l'actuelle, par une folie spéculative ou tout s'achetait à crédit : mobilier, électro-ménager voire les postes de radio. Avec comme outil l'ancêtre des "junk bonds" et "subprimes" : les "call loans", instrument financier qui permettait de spéculer sur des actions en ne payant que 10% du montant des opérations.

La différence fut que lors de la dégringolade des marchés, les autorités américaines choisirent de faire marcher la planche à billet plongeant le pays dans une misère noire dont la simple évocation fait encore frémir (tout particulièrement en ce moment).

Nous noterons au passage que la loi Glass-Stegall de 1934 obligea les établissements financiers à choisir entre l'activité de  banque de dépôts et de banque d'investissement (ce que le Congrès américain détruisit en 1999 avec les conséquences que l'on sait...)

Si les Etats-Unis répondent comme un seul homme en 2008, l'Europe tente, elle, de faire croire à un semblant d''unité. Mais pas au point de  faire adopter l'idée d'un petit plan de sauvetage commun. Une bricole de 300 milliards d'euros s'est vue retoquer (à peine évoquée) par l'Allemagne qui "ne peut pas et n'entend pas accorder de chèque en blanc aux banques", responsables ou non. Sauf quand on ne peut faire autrement.

Berlin se voit, en effet, contraint de venir au secours des clients de  l'Hypo Real Estate (HRE), la quatrième banque allemande. Celle-ci  aurait besoin de 20 milliards d'euros en argent frais d'ici la fin de la semaine prochaine, de 50 milliards d'euros d'ici la fin de l'année, et de 70 à 100 milliards d'ici fin 2009, selon des conclusions de la Deutsche Bank dévoilées par le Welt am Sonntag.

Le mini sommet parisien chargé de définir entre la France, la Grande Bretagne, l'Allemagne et l'Italie une politique de réponse à la crise, n'a débouché que sur un catalogue de mesures aux allures de déclarations d'intentions. Suivant l'aigreur allemande, il a été notamment arrêté que les banquiers fantaisistes soient sanctionnés. Formidable.

Sarko, actuel président européen a joué un peu perso (!) affirmant que "la Commission européenne devrait faire preuve de flexibilité dans l'application des règles en matière d'aide d'Etat aux entreprises, comme dans les principes du marché unique". Tout cela alors que l'Etat français, aux côtés de la Belgique vient de renflouer Dexia.

N'en perdant jamais une, l'omniprésident a souhaité que "l'application du pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons". La France faisant, on le sait,  figure de mauvaise élève en la matière.

Histoire de prouver la grande cohésion européenne, Jean-Claude Juncker (Premier ministre luxembourgeois et président de l'eurogroupe) et le président de la Commission européenne José-Manuel Barroso, ont poliment renvoyé Sarko dans les cordes estimant que le pacte de stabilité et de croissance doit être respecté "dans son intégralité". Bien essayé quand même...

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Jeudi 2 octobre 2008
par Achille

Les États-Unis revoit leur copie pour tenter de parvenir à résoudre une périlleuse équation : comment sauver un système bancaire qui pue l'arnaque en persuadant le contribuable du bien fondé d'une opération qui ne bénéficiera pas aux vraies victimes de la crise.

Avec 700 milliards de dollars que pourrait-on faire d'autre que sauver les "princes" de la finance? Doter l'Amérique d'une réelle couverture sociale, d'une assurance chômage, d'un système de retraite dignes de ce nom. Ou encore accroître l'aide à la faim dans le monde.  Ce ne sont, bien sûr, que des suggestions...

Mais pour triviales ou populistes qu'elles soient, ces frivolités hantent nombre de membres de la Chambre des représentants. Lors de leur vote de rejet du plan de sauvetage financier qui prévoyait, après de multiples atermoiements, l'injection de deux enveloppes successives de 350 milliards, les élus (républicains en tête) se sont demandé à juste titre à quelle sauce allaient les manger leurs électeurs.

Il faut dire que l'américain moyen, ultra-choyé avant les élections présidentielles et législatives de novembre prochain, se sent quelque peu déconcerté devant les efforts que sont prêtes à consentir les autorités pour garantir la pérennité de Wall Street. Surtout qu'il se souvient que chaque fois qu'il s'est ému de la précarité grandissante de sa condition il n'a guère été entendu. Lui.

Donc, pour une fois qu'il tient le manche du marteau, l'électeur yankee va faire sa mauvaise tête et pression, sans doute, pour ramener l'administration à la raison, imposant une compassion moins ciblée sur la finance au profit du "peuple" financier. Normal quand les États-Unis nationalisent à tour de bras.

En attendant, le monde de la spéculation cède à la panique. L'annonce du rejet de la Chambre a mis les marchés par terre et les Bourses serrent les fesses dans l'attente du plan de sauvetage définitif.

La peste des subprimes contamine encore et encore. Les contribuables Français et  Belges  mettent la main à la poche pour plus de 6,4 milliards d'euros pour sauver Dexia alors que les belges avaient déjà sortis plus de 11 milliards pour le belgo-néerlandais Fortis. Une jolie somme aussi alors que des tas de particuliers sont pris à la gorge par la crise des crédits immobiliers.

En France, ce sont au moins 30.000 ménages qui se sont fait prendre au piège en contractant, notamment, des crédits relais qu'ils ne peuvent plus rembourser. Les mâchoires du monstre financier se referment au moment où tout s'acharne sur le bas peuple. Hausse des prix,  pouvoir d'achat massacré et aggravation tragique du chômage conduisent le gouvernement a réunir cellule de crise sur cellule de crise.

Alors, la France va-t-elle à son tour donner l'impression qu'elle peut donner la priorité à ses administrés ou bien l'Élysée va-t-il continuer de rejeter la faute sur autrui. Après les "coupables" montrés du doigt par Sarko (cela ne mange pas de pain) il y a gros à parier que la prochaine cible de l'omniprésident soit la Banque Centrale Européenne et son gouverneur, Jean-Claude Trichet, "coupables" d'une trop grande rigueur monétaire dont pâtit la santé commerciale du Vieux Continent.

Mais il y a peu de chance d'assister à un réel mea culpa, ce qui serait pourtant, rassurant. Même en l'absence de période pré-électorale...
Par Achille
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