Après le sexe selon Sarko, le pognon selon Bouton (Socgen)

Publié le par Achille

De grosses têtes devront tomber à la Société générale. Au final.  Mais le bourreau ne devra pas se tromper de client.

    Cette peine, certes improbable, sanctionnerait, non seulement un système qui n’est pas « extra ordinaire », ou encore un « accident», mais bel et bien le lot quotidien des acteurs de marché. Elle punirait aussi des pratiques économiques mondialisées aussi aberrantes que la destruction de notre planète par une industrie irresponsable. Cette dernière ayant comme actionnaires principaux…les grandes banques mondiales, dont la Socgen.

    Bien sûr, comme attendu, Daniel Bouton, le président de la 3e banque française va devoir faire sa valise. Au terme d’une communication de crise ahurissante qui l’a fait passer au mieux pour un incompétent qui ne maîtrise rien de rien au sien de son groupe,  au pire pour un vilain menteur insultant l’intelligence des observateurs du secteur bancaire. 

    Car ce qui s’est passé est très simple, ainsi qu’est en train de l’expliquer le soit-disant « trader fou », Jérôme Kerviel, aux flics de la financière. Surtout l’affaire dans son ensemble est liée à la stratégie d’opacité, pour ne pas dire plus, de la Société générale.

    Premier mensonge : à la mi-2007 la Socgen jure ses grands dieux qu’elle n’est pas engagée dans le désastre financer outre-atlantique des subprime. Mais elle verra son nez s’allonger en reconnaissant à l’automne plusieurs milliards de pertes à la suite des annonces des américains Merrill Lynch ou Citygroup.

    En soit, la nature même des subprime explique bien des choses à l’épargnant apeuré. De quoi s’agit-il ? Ni plus ni moins de monstres financiers extrêmement compliqués (au point que leurs créateurs finissent eux-même par s’y perdre), de prêts destinés à des gens non solvables, saucissonnés dans des structures multiples, cantonnés comme on dit dans les conseils d’administration des structures de papiers qui sont chargées de les gérer. Donc tant que la croissance est au rendez-vous, les remboursements se font tant bien que mal. Mais lorsque que ce n’est plus le cas, en période de notre crise mondiale, tout s’effondre comme un château de carte.

    Mais notre trader là dedans, me direz-vous ? Et bien c’est une pauvre créature du système. Depuis qu’il est rentré à la banque on lui a fait croire qu’en travaillant comme un forcené il allait gagner beaucoup plus…Et qu’il allait apparaître en photo sur les affiches de l’employé du mois. Comme chez Mac Donald’s. Une grosse tête pleine de tout sauf de ce qui fait un Homme.

 

                                  SARKO LACHE BOUTON

    Donc notre bonhomme, qui a fait gagner au passage plus d’un milliard et demi d’euros à sa banque l’an passé, se retrouve face à un « challenge ». Faire en sorte que « sa » banque compense ses propres pertes sur les subprime. Mais c’est vachement risqué. Mais le risque dans les salles de marché c’est le pain quotidien. Et tout le monde en mange. Et surtout tout le monde le sait. Comme l’a certainement expliqué Kerviel à la brigade financière.

    Alors il prend des risques, parfois il gagne, parfois il perd. En ce dernier cas, il fait des bêtises comme l’enfant mal dégrossi qu’il est. Il planque ses pertes par des faux en se disant, comme au casino, qu’il se refera le prochain coup. Sauf que de proche en proche, les positions atteignent un montant hallucinant de 50 milliards d’euros. Et là, on a du mal à croire qu’il est désormais seul dans la confidence.

     On en aura sans doute la preuve, lorsque la financière aura débrouillé les ventes de l’administrateur Robert Day, qui s’est débarrassé opportunément de près de 125 millions d’euros d’actions Société générale avant la communication « officielle » du désastre. Mais à la banque, sans rire, on maintenait le mardi 29 janvier qu’il n’était au courant de rien, ni lui ni personne. De vrais pros quoi….Mais surtout pas des initiés…

   Bon, revenons au jour J. A midi :  pas de pertes, comme disait Antoine Pinay :  « pas vendu pas perdu ». Mais on transpire, avec une telle position qui avoisine en volume le PIB du Maroc, les huiles de la banque respirent mal. Puis les marchés dévissent notamment en Asie.  Moins 10% dans le nez. Les solutions ne sont pas très nombreuses. C’est « stop ou encore ». En un mot, soit on  attend et on risque de mettre la banque par terre soit  on coupe la position. Dans tous les cas….C’est la catastrophe et on aura du mal à s’expliquer. La suite on la connaît.

     Et les vrais responsables de montrer leur mesure : « Quand on a une forte rémunération, qui est sans doute légitime, et qu’il y a un fort problème, on ne peut pas s’exonérer des responsabilités », avance notre Sarko 1er  marquant ainsi wsans ambiguïté l’abandon de Daniel Bouton. Suivi de près par ses groupies habituelles mais en plein volte-face. Les ministres Christine Lagarde et Rachida Dati estiment maintenant que la « responsabilité » de la banque et de son dirigeant peuvent être engagées. Après avoir couvert de leurs nom leur petit copain président de la Société Générale

    Tout ce beau monde devrait peut-être se livrer à une petite introspection et se poser les bonnes questions. Qui permet donc aux banques d’exploiter leurs activité comme des bandits irresponsables ou des habitués de casinos ? Qui vit en bonne intelligence avec la haute finance tant en France qu’à l’étranger ? Qui entretient les meilleures relations avec les dictateurs de tout poil pourvu qu’ils aient un carnet de chèque en main ? Qui met le monde du travail  en coupe réglée pour les aises du patronat ?

Une fois les réponses trouvées, le bourreau pourra se mettre à l’œuvre. On peut toujours rêver.

 

 

                                                      Achille

  

 

 

 

 

 

Publié dans Politique

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