QUAND LES TRIBUNAUX RELIGIEUX SE SUBSTITUENT A LA JUSTICE DES ETATS…

Publié le par Achille

« Le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas », aurait dit André Malraux. Contre-versée, niée par Malraux lui-même, la citation visait-elle un possible retour sur l’histoire nous ramenant au moyen-âge ? Toujours est-il que l’instauration de tribunaux régis par la Charia (loi islamique) ou la Halakha (loi juive) se substituant de fait à certaines juridictions britanniques donne, c’est le moins que l’on puisse dire, matière à réflexion.

    « La Charia est utilisée (…) essentiellement pour régler des problèmes matrimoniaux. Cela fait gagner du temps et c’est moins coûteux que la justice civile. Nos docteurs de la foi sont des hommes d’une grande sagesse », explique Abdul Karim, rédacteur en chef du Bangla Mirror.

      De l’autre main, le journaliste reconnaît également que les tribunaux islamiques en Grande-Bretagne, dont le premier a vu le jour en 1982, peuvent aussi  intervenir sur les litiges commerciaux, de garde d’enfants voire après des rixes ou violences pour dédommager les parties.

    Il est à noter qu’à Londres, il est courant que le Beth Din (les rabbins) soit consulté dans des cas similaires lorsque les plaignants sont de confession juive. Là encore, selon les habitués, la justice est plus rapide, moins coûteuse.  Et sans appel.

 

                                      Une étrange sainte alliance

    Installées depuis des décennies au Royaume-Uni, ces pratiques se sont retrouvent sous les projecteurs depuis que l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a estimé que l’adoption de certains aspects de la loi islamique par la Grande-Bretagne était « inévitable ».

     « Il est possible de trouver ce qui serait un arrangement constructif avec certains aspects de la loi islamique comme nous le faisons avec certains aspects d’autres lois religieuses », estime l'anglican. Et de citer les tribunaux juifs orthodoxes ou les opinions anti-avortement de certains chrétiens, ceux-ci étant « pris en compte par la loi ». Histoire de fédérer, sans doute, une étrange « sainte » alliance du style : Fondamentalistes de toutes confessions, unissons-nous !

    Gordon Brown, premier ministre de sa Majesté, devant les initiatives du premier prélat anglais, a du vite fait monter au créneau. Il déclare  que sa « position générale est que la charia ne peut justifier la violation de la loi anglaise et que les principes de la Charia ne peuvent être retenus devant un tribunal civil pour résoudre des différends contractuels » .

                                         Retour de la Question
A juste titre car des intégristes commencent, profitant de l’élan mystique, à se dire que si l’homosexualité est permise « pourquoi pas la polygamie et les mariages arrangés ? », comme s’interroge cet infirmier islamiste dans les colonnes du Monde.

     Il faut dire qu’à l’instar de Jésus Christ dans les années soixante-dix, les religions sont aujourd’hui « Super Stars ».

    De l’autre côté du Channel, notre fou de dieu à nous, Sarko le Dévot -célèbre chanoine de Latran- depuis qu’il va envoyer ses SMS à partir du Vatican n’a qu’une envie :  renvoyer la loi du 9 décembre 1905 aux oubliettes.

     Sans cette séparation de l’église et de l’Etat on pourra donc aisément réparer les dégâts de la réforme de la « carte Rachida Dati » qui transforme désormais la France en un désert judiciaire (cf : detoxinfo du 06/11/2007).

    Sans nos juges, plus d’obstacles au retour de l’inquisition (malheur aux observateurs et autres journalistes pas « gentils », comme le dit Michelle Alliot-Marie) voire de la Question, des bûchers et autres lapidations.

 

                                                      Achille

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Publié dans sociologie

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